mardi, 14 juin 2005

Modèle social français, de nouveau...

J'ai dit samedi de façon (trop ?) lapidaire que ce n'était pas un modèle puisque personne ne voulait l'imiter, qu'il n'était pas social puisqu'il excluait 10 % de chômeurs, et qu'il n'était pas français car contraire à l'égalité des chances et refusant la réforme.

Je rencontre hier un voisin menuisier : il a des commandes jusque fin 2006, il " ne se plaint pas " de la vie. Mais il cherche un jeune car son apprenti le quitte à la fin juin. Il a toujours pris des jeunes dont la plupart se sont installés avec succès : " il y a du travail pour tout le monde ! ".
La Chambre des Métiers lui dit qu'elle n'a à ce jour aucun jeune inscrit en menuiserie ... (et pareil, personne en maçonnerie).

Je lui demande à quoi cela tient.

- D'abord à la très faible rémunération de la première année d'apprentissage (200 euros), il faudrait au moins le double pour un garçon de 16 ans qui travaille autant qu'un ouvrier même s'il ne connaît pas encore le métier.

- Ensuite, il faut changer le regard des familles sur le métier manuel, passionnant et de plus en plus technique : bien sûr on subit les intempéries, mais le travail n'est plus aussi physique et on est fier de ce qu'on fait. Et on gagne bien sa vie !


Ce ne sont pas seulement les artisans du bâtiment qui manquent, me dit-il, mais tous les artisans (les bouchers par exemple, que les grandes surfaces s'arrachent à plus de 2 000 euros par mois dès qu'ils sont qualifiés).

Que devient la société sans eux ? Tout le monde se plaint de la disparition du commerce de proximité, mais qui veut y envoyer ses enfants ? trop d'heures de travail, trop de risques ?
J'aimerais bien avoir votre avis.

En revanche, mon voisin applaudit des deux mains au " chèque emploi service " pour les très petites entreprises : c'est une vraie simplification qui va permettre l'embauche pour les chantiers !

Commentaires

pour completer et commenter votre "conclusion" : "Pour que la France gagne, il faut commencer par y croire. Et nous avons toutes les raisons d’y croire !"

je voulais vous soumettre cette récente experience ...
En discutant lors d'un diner avec des stagiaires de fin d'etudes, j'essayais de connaitre leur point de vue sur les nouvelles mesures pour l'emploi. j'ai été très surpris de constater qu'ils avaient plus "peur " de la précarité d'un emploi avec une periode d'essai de deux ans qu'il n'étaient enthousiaste à l'idée que des employeurs allaient leur proposer "un job".

Etre "potentiellement viré" à n'importe quel moment est la seule chose qu'ils voient. et j'ai compris pourquoi.
Parce que personne dans la vie "vraie" ne leur fera confiance ...
- pas une banque
- pas un propriétaire.

bref, les personnes qui leur permettrait de "débuter" dans la vie...
donc ce n'est pas un vrai job.
Ma conclusion, "ILS" ne se font pas confiance ....

peut être qu'il y a une piste aussi de ce coté ...
Comment rassurer ces jeunes et leur redonner confiance en eux.
Comment changer l'image de l'employeur qui prend des risques et qui n'est pas non plus "sûr" de lui, toujours !

merci pour ce débat.
jerome

Ecrit par : jeromew | lundi, 20 juin 2005

Bonjour,

Le problème du manque d'attractivité des métiers manuels n'est évidemment pas nouveau et la solution paraît buter sur un paradoxe: pour attirer les jeunes vers ces métiers, il faut les valoriser (surtout aux yeux des parents) mais ceux qui sont chargés de les valoriser (hommes politiques, économistes...institutionnels en tout genre) n'adhèrent pas à leurs propres injonctions et ne semble pas enclins a envoyer leurs propres enfants vers ce type d'activité.

Le jour où l'on apprendra qu'un enfant de ministre ou de journaliste célèbre se destine à une carrière de charcutier ou de maçon cela aura beaucoup plus d'impact dans la promotion des métiers manuels que n'importe quelle campagne institutionnelle. En effet, il est naturel que les parents lambdas rêvent du même avenir pour leurs enfants que les ministres ou les journalistes. La solution viendra d'une mise en conformité des actes avec le discours.

Ecrit par : Johan | lundi, 27 juin 2005

Bonjour,

Je n'ai que 18 ans et ne suis pas encore sur le marché du travail. Mais je suis parfois éffaré de voir dans les journaux, le nombre incroyable d'entreprises qui recrutent, et qui n'arrivent pas à trouver de personnel qualifié, c'est effroyable !!

Il y a un réel problême de formation, il faut revaloriser les métiers manuels, l'artisanat, qui manquent terriblement de main d'oeuvre.

Cependant, je ne vois pas trop en quoi une période d'essai de 2 ans arrange cela, à part augmenter la précarité des emplois qui le sont déjà trop... Alors que bon nombre de français déclarent (dans je ne sais quel sondage), que leur objectif est de devenir fonctionnaire pour la sécurité de l'emploi, on passe la période d'essai de 6 mois (je crois) à 2 ans, où est la logique ?

Une telle mesure, à mon avis ne fera qu'inquiéter encore un peu plus les français.

Il faut cesser de dire que les entrprises ne recrutent plus, que la France regresse. Les chiffres de l'OCDE le montrent bien, la France est attractif, les capitaux étrangers viennent !!

Il faut juste changer les mentalités, encourager les gens à se reformer, à ne pas hésiter de changer d'emploi.... Mais je pense que cela se fait doucement, dans l'orientation des études, on nous encourage à avoir une double compétence.

Cordialement

Ecrit par : Jean-Benoit Moingt | lundi, 18 juillet 2005

les jeunes sont tres mal renumeres sur le marché du travail ,exemple dans le batiment , en plus les conventions font que pour se nourrir le midi la plupart des entreprises ou boites interims , donnent un panier d'environ 8€ alors que les repas sont au minimuns de 10€ ,

Ecrit par : stephane | mardi, 28 mars 2006

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