lundi, 24 octobre 2005

EDF doit être une entreprise mondiale

EDF est leader mondial de la production d'électricité d'origine nucléaire. Nous avons 58 centrales nucléaires en France et nous exportons déjà en Europe 12 % de notre production électrique. Nous pouvons faire encore beaucoup plus : en particulier avec le développement du nouveau réacteur nucléaire, l'EPR.

Mais EDF est une entreprise franco-française et étatique. Or lorsque EDF veut s'implanter sur un marché étranger, en particulier en Europe qui est son marché naturel, c'est un handicap.

En effet, pour se développer en Europe il faut échanger des participations avec des entreprises locales. La réglementation européenne, les politiques nationales des états, les entreprises locales exigent la réciprocité : "vous voulez entrer dans le capital de nos sociétés ? D'accord, mais nous voulons aussi entrer dans le capital de vos sociétés."

La nationalisation à 100 % ne le permet pas et nous sommes ainsi cantonnés au territoire national alors que nous avons un avantage compétitif considérable.

Ce qui s'est passé en Italie avec la société Edison est, de ce point de vue, exemplaire : l'Etat italien avait privatisé avec beaucoup de difficultés sa société nationalisée d'électricité, Edison. EDF a raflé brutalement une partie du capital de cette société, après sa privatisation, pour se développer sur le marché italien, gros importateur d'électricité. Le Parlement italien a alors voté à l'unanimité une loi privant pratiquement de tout droit de vote le nouvel actionnaire étranger qu'était EDF. Comme ministre de l'Industrie, je n'ai pu débloquer la situation qu'en organisant une collaboration entre les producteurs italiens d'électricité et EDF, qui implique l'ouverture du capital de celle-ci.

Nous avons une entreprise dotée d'un grand avantage compétitif. L'intérêt de la France est qu'elle se développe en Europe. L'ouverture du capital est la condition de ce développement qui profitera à tous les Français.

 

Commentaires

L'ouverture du capital d'EDF est en effet une excellente initiative - voire une NECESSITE dans un monde économique qui évolue a toute vitesse. Pour la protection d'EDF, de ses marchés, de son avenir et pour son expension, il faut le faire.

Le cas échéant, son expension (déjà importante en effet) se vera limitée par des compétiteurs/partenaires étrangers plus fort.

Ecrit par : Said AIT-OUARAZ | mercredi, 26 octobre 2005

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