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vendredi, 18 novembre 2005
Ne faisons pas de la polygamie le bouc-émissaire!
La polygamie est totalement incompatible avec notre état de droit, et constitue un vrai obstacle à l'intégration. Mais il n'est pas acceptable d'en faire le bouc-émissaire des émeutes de nos banlieues.
D'une part, elle est très minoritaire dans l'immigration, et en pratique, essentiellement le fait des familles maliennes où il y a peu de délinquance. D'autre part, la polygamie s'articule autour d'une autorité paternelle traditionnelle et forte qui encadre les enfants. Alors que trop souvent les enfants délinquants sont issus de familles sans père.
La polygamie est évidemment une institution qu'il faut décourager, au nom de la dignité des femmes. Mais il faut faire attention à ne pas stigmatiser celles qui en sont victimes.
Peut-être faudrait-il commencer par priver la polygamie de tout effet juridique sur le territoire français, et notamment en matière de regroupement familial ou de droits sociaux ?
12:45 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note









Commentaires
Vous faîtes bien de souligner l'absurdité de ce commentaire fait par un politique ces jours-ci. Heureusement pour lui, le ridicule ne tue pas...
Ecrit par : Marie | vendredi, 18 novembre 2005
Peut-être était-il nécessaire de rééquilibrer le profil du gouvernement après qu’un de ses ministres ait gaiement devisé à propos de la polygamie et des tracas que les immigrés polygames rencontraient à cause des lois françaises.
Cette exigence exagérée de la société française qui sépare leurs femmes, ce qui oblige les immigrés polygames à « faire des allers-retours » qui leur « coûtent beaucoup en énergie ».
Ministre qui a finalement conclu en affirmant que, dans cette situation, « on pouvait trouver des arrangements avec la république ».
Emrys Myrdyn
Ecrit par : Emrys Myrdyn | vendredi, 18 novembre 2005
« Peut-être faudrait-il commencer par priver la polygamie de tout effet juridique sur le territoire français, et notamment en matière de regroupement familial ou de droits sociaux ? »
Quelle excellente idée !
Et en plus, ce n'est même pas la peine de voter une loi, puisqu'elle existe déjà : vous lirez avec le plus grand profit l'article L.411-7 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers sur le regroupement familial, et L.313-11 pour la régularisation pour raisons familiales.
L'impossibilité de séjour régulier prive de facto de toute prestation sociale.
Et voilà une réforme rondement menée, à peine réélu à l'assemblée : bravo.
Ecrit par : Eolas | vendredi, 18 novembre 2005
Il reste à trouver l'article de Code qui dit que l'Etat doit faire respecter les règles, toutes les règles, rien que les règles... Mais il est vrai qu'il a tant d'autres choses à faire ...
Emrys Myrdyn
Ecrit par : Emrys Myrdyn | vendredi, 18 novembre 2005
Votre participation ce soir, vendredi, à l'émission sur France inter.
Un seul mot: BRAVO
mais faites en sorte que vos idées soient appliquées.
Aussi, dans la liste des candidats 2007 pour L'UMP (Je sais que vs roulez pour NS) n'oubliez pas... Devidjian.
Philippe Müller
61 rue Blomet
75015
ex RPR, UMP
Ecrit par : MULLER | vendredi, 18 novembre 2005
Discriminations
A tous ceux qui s'interrogent sur la réalité des discriminations en France, je conseille la lecture des excellents rapports du Haut Conseil à l'Intégration (HCI) et du travail remarquable de la Cour des Comptes sur "L'accueil des immigrants et l'intégration des populations issues de l'immigration" (2004).
On y trouve d'abord une définition précise de la "discrimination":
"Toute action ou attitude qui conduit, à situation de départ identique, à un traitement défavorable de personnes du fait de leur nationalité, origine, couleur de peau ou religion, qu'une intention discriminante soit, ou non, à l'origine de cette situation".
Je reprends ensuite quelques rubriques de ces rapports:
- Protection sociale:
"L'égalité des droits est largement assurée."
- Ecole:
"Les trajectoires scolaires des jeunes issus de l'immigration ne témoignent pas de discriminations significatives.
Ecoles et enseignants sont rarement dénoncés comme racistes ou discriminants.
A égalité de condition, les élèves issus de l'immigration réussissent aussi bien que les élèves français d'origine, car les familles d'origine étrangère investissent beaucoup dans la réussite scolaire.
L'échec scolaire d'une partie des enfants issus de l'immigration tient essentiellement aux conséquences du fait migratoire lui-même (naissance à l'étranger, début de scolarisation à l'étranger...) et aux handicaps socio-économiques."
Un bémol de taille : la ségrégation entre établissements et entre classes, malgré l'existence des ZEP (zones d'éducation prioritaire)
- Logement
"Les discriminations qui existent dans le domaine du logement constituent, de l'avis de toutes les personnes auditionnées, l'un des obstacles majeurs à l'intégration des personnes immigrées". (HCI)
- Emploi:
"Les discriminations en matière d'emploi n'ont cessé de s'étendre sous l'effet de l'approfondissement du chômage et de la progression de la xénophobie dans le monde du travail".
Les étrangers ont été les principaux perdants de la montée du chômage depuis 1975: leur taux de chômage a été multiplié par 4 , contre 2,75 dans la population générale.
Ces rapports contiennent beaucoup d'autres informations et analyses.
Ils aboutissent tous à la même conclusion: le modèle d'intégration à la française est en panne, d'autant plus que les populations issues de l'immigration sont très fortement concentrées dans certains régions (37% en Ile de France, 11% en Rhône-Alpes, 10% en PACA... et 0;61% en Limousin selon la Cour des Comptes.
Les pouvoirs publics ont réagi devant ce constat et un ensemble de mesures très ambitieuses a été pris en 2003: je citerai notamment la création du "contrat d'accueil et d'intégration" (CAI) et surtout la mise en place de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) dont la présidence a été confiée à l'ancien patron de Renault, Louis Schweitzer, et dont les pouvoirs de sanctions viennent d'être renforcés. Ce sera, j'en suis sûr, un outil très utile.
Mais, pour aller au fond des choses, toutes les mesures gouvernementales resteront insuffisantes s'il n'y a pas un changement de comportement et une authentique volonté d'intégration du corps social tout entier. Nous avons rendez-vous avec nous-mêmes.
15/11/05
Alain Juppé
Ecrit par : ernesto | samedi, 19 novembre 2005
J'observe avec attention les réactions que provoque, outre Atlantique, la flambée de violences dans nos villes françaises.
La presse américaine se déchaîne contre la France et prend, d'une certaine manière, sa revanche après Katrina et la condescendance ironique dont nous avions fait preuve à l'égard des autorités américaines.
Ailleurs, c'est la surprise et l'incompréhension.
Chez les uns, qui nous aiment bien, s'y ajoute un sentiment de sympathie attristée.
D'autres (et parfois quelques chroniqueurs français qui signent des articles dans la presse canadienne) désignent les coupables : les gouvernements français successifs et la "classe politique" en général qui n'ont rien compris et rien fait. Nous sommes habitués à cette explication, devenue classique et universelle, de tous les problèmes que rencontre notre pays...
Rien n'est possible dans une démocratie si l'ordre public n'est pas respecté. Il me semble qu'un consensus existe sur ce premier point. Nous devrions en déduire qu'il faut soutenir, sans esprit de polémique, les autorités françaises qui se sont donné les moyens de rendre force à la loi.
Deuxième réflexion: c'est se tromper de diagnostic que d'affirmer que rien de bon n'a été fait dans nos "quartiers" difficiles depuis 20 ans. C'est inexact. Tous les gouvernements ont eu leur "politique de la ville": dès le début des années 80, ce fut, sous la gauche, le "Développement social des quartiers" (la conduite du DSQ de la Goutte d'Or a été l'une de mes tâches les plus passionnantes d'élu local).
En 1996, mon gouvernement avait mis en oeuvre le "Plan de relance pour la ville" dont l'une des mesures-phares était la création des "zones franches urbaines" dont tout le monde (à gauche comme à droite) s'accorde à reconnaître qu'elles ont atteint leur objectif.
Plus récemment, le "Plan de cohésion sociale" de J.L. Borloo a prévu un effort massif en faveur de la rénovation des cités devenues totalement inadaptées aux attentes des habitants d'aujourd'hui.
Au total, c'est beaucoup d'imagination, beaucoup d'argent, beaucoup de bonnes volontés que l'Etat, les Maires, les travailleurs sociaux, les associations ont mobilisé sur le terrain. L'ignorer, c'est d'une certaine manière, faire preuve d'un grand mépris vis à vis de ceux qui ont essayé non pas de disserter mais d'agir.
Cela dit, ces politiques n'ont pas marché.
Elles ont connu des succès et il ne faut pas passer complètement sous silence les réussites dont de nombreux quartiers s'enorgueillissent. Je me souviens de cette réaction d'un habitant des Aubiers, un des secteurs de Bordeaux réputé sensible , où je tenais un conseil de quartier:
"Mais, M. le Maire, nous sommes fiers d'habiter ici. On en a marre de l'image négative qu'on nous colle trop souvent!"
Mais il faut regarder en face la réalité qui vient de nous éclater en pleine gueule: le feu couvait.
J'admire ceux qui savent désigner sans hésiter LE coupable...
Il me semble que la réalité est plus complexe et que les responsabilités sont très partagées.
Responsabilité de tous les gouvernants, certes!
Le gouvernement vient d'annoncer qu'il allait faire plus et mieux. Bravo!
Responsabilité de la société française dans son ensemble qui n'a sans doute pas pris conscience que l'Islam était devenue la deuxième grande religion de France et devait être reconnue comme telle. J'ai écrit cette même phrase en 1998 dans un texte qu'a publié mon association "France Moderne"... et qui m'a valu, à l'époque, bien des remontrances.
Responsabilité aussi de l'Islam de France. Car il faut bien en venir au coeur de la question!
Nous avons certes affaire à des problèmes de pauvreté, de chômage, d'exclusion...
Mais il nous faut affronter une question beaucoup plus fondamentale: celle des relations entre la République et les religions.
Cette question n'est pas nouvelle: tout au long du dernier quart du XIX° siècle, l'Eglise catholique et la République se sont combattues, jusqu'à ce que la première finisse par accepter la seconde.
Aujourd'hui, il s'agit de l'Islam.
Je suis sûr que l'immense majorité des musulmans de France n'ont pas de problème avec la République, la reconnaissent, la respectent, l'aiment.
Mais il y a l'islamisme radical.
Avec cette composante de l'Islam, qui est à l'oeuvre dans nos banlieues (et dans beaucoup de banlieues européennes, comme Tony Blair le constate à Londres), il faut clarifier la situation et marquer la ligne à ne pas franchir.
Je résumerai le débat en deux points:
- Première exigence: la séparation du temporel et du spirituel. Nous ne vivons plus (depuis 1789) et nous ne voulons plus vivre à l'avenir dans une théocratie. La République respecte toutes les religions mais aucune religion ne gouverne la République. La charia, pas plus que le droit canon ou la Torah, ne constitue la loi civile.
- Deuxième exigence: l'universalisme des droits de l'homme.
Parmi ces droits, indivisibles et non négociables, figure en bonne place l'égalité entre l'homme et la femme.
Si ces deux exigences ne soulèvent pas d'objection, alors pourquoi ne pas le proclamer solennellement? Ce serait un grand pas en avant pour la bonne compréhension mutuelle sans laquelle le feu continuera de couver sous la cendre.
Alain Juppé
Ecrit par : chirouble | samedi, 19 novembre 2005
Euh...
C'est à l'ENA qu'on vous (Alain Juppé) a appris que la France était une théocratie avant 1789 ?
Emrys Myrdyn
Ecrit par : Emrys Myrdyn | samedi, 19 novembre 2005
Content de voir que vous ne vous associez pas à cette stigmatisation déplacée. On ne peut pas dire que l'UMP ait besoin de ça en ce moment.
Sur le fond, que la polygamie contribue à pousser les enfants dehors, c'est probablement un fait. Que la apolygamie ne soit pas acceptable en France en est un autre. Mais donner le sentiment, à peine les émeutes terminées, de vouloir en profiter pour "s'occuper" de ce sujet, c'est, d'une part, déplacé, d'autre part politiquement très maladroit.
Ecrit par : koz | dimanche, 20 novembre 2005
Une fois n'est pas coutume, M. le ministre, mais permettez-moi de m'associer à vos propos.
Cependant, vous terminez avec un amalgame regrettable et erroné. Comme j'ai eu l'occasion de le démontrer (http://droitadministratif.blogspirit.com/archive/2005/11/16/la-polygamie-en-france.html), le regroupement familial et les prestations sociales ne peuvent bénéficier aux familles polygames. Vous êtes tout à fait en droit de vouloir réformer ces deux institutions, mais ne le faites pas sur des arguments fallacieux.
S'agissant des propos de M. Juppé, je tiens simplement à relever que, contrairement à ce qu'il soutient, les pouvoirs de la Halde ne viennent pas d'être renforcés. Tout d'abord, ils ne peuvent pas être renforcés, puisque la Halde n'a jusqu'alors aucun pouvoir de sanction (http://droitadministratif.blogspirit.com/archive/2005/11/17/un-pouvoir-de-sanction-de-la-halde.html). Ensuite, le projet de loi instituant un faible pouvoir de sanction (1000 €) à cette autorité administrative n'a toujours pas été déposé (http://droitadministratif.blogspirit.com/archive/2005/11/19/un-pouvoir-de-sanction-de-la-halde-suite.html). Attention aux effets d'annonce !
J'ajoute, au demeurant, que l'institution d'un pouvoir de sanction pécuniaire à la Halde pose, en droit, beaucoup de problèmes au regard de la coexistence d'infractions pénales.
Ecrit par : Droit administratif | lundi, 28 novembre 2005
On le voit bien,le sujet de la polygamie se déplace selon qu'il est considéré pratiqué par "la deuxième" religion de France ou par ceux qui précisemment connaissent des difficultés d'intégration.La formalisation de l'esprit républicain des musulmans et leur attachement à nos propres valeurs reste entièrement un voeux pieux et ce n'est pas seulement en l'affirmant que celà est.Au contraire,bien au contraire,je crois qu'il s'agit pour ces minorités désignées de ne pas accepter justement ce que notre état Républicain représente aux antipodes des valeurs qui constituent leur "culture".Le passé "colonial" de la France est la première conséquence de ce que nous voyons aujourd'hui.C'est en quelque sorte la revanche de ceux qui,profondemment enracinés dans leurs origines,souhaitent les perpétuer sur notre sol.La polygamie en est une manifestation parmi tant d'autres.
Cette situation,subie par notre peuple s'accompagne de mesures ou de déclarations intenpestives des plus hautes autorités de l'Etat aplanissant le terrain afin de réconcilier les deux cultures (ou de les rapprocher)en arguant que nous deviendrions les responsables des comportements de peuples immigrés sur notre territoire par l'explication "historique".Les battements de coulpes sans cesse délivrés ont un effet désastreux sur nos concitoyens;prenons garde au retour du bâton.....
Les propos d'Alain Juppé sont en ligne directe avec cette correct line et bien entendu sont affirmés sans une vision plus réelle de l'état d'esprit de nos concitoyens sur ces sujets.Les dernières éléctions en sont le plus ardent démenti.
Sachez aussi,qu'au delà de l'illagilité de la polygamie,les contribuables vidés que nous sommes participent de gré ou malgré à sa perpétuation financière.
Enfin ayons le courage,ayez le courage de dire que des accords entre l'Etat français et les états des pays du Maghreb ont été pris pour accepter la polygamie sur notre territoire.Ceci confirme pleinement mes propos.
Ecrit par : LAPORTE | mardi, 14 février 2006
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