jeudi, 15 décembre 2005

La pédagogie permanente du souvenir

Je ne suis pas intervenu plus tôt sur ce débat de l'histoire face à la politique parce qu'il ne se résume pas à un jugement à l'emporte-pièce du type "il n'y a qu'à abroger cet amendement" ou "laissons l'histoire aux historiens" ou encore "ne pas avoir honte de notre passé", etc...

Je pense profondément, je le redis souvent, un peuple qui oublie son passé ne sait pas où il va. Et je ne suis pas d'accord avec les historiens qui interdisent aux politiques de se mêler de l'histoire :  Jacques Chirac a eu raison de reconnaître la responsabilité de la France dans la déportation des juifs ! La dénonciation du crime de l'esclavage comme la reconnaissance du génocide arménien avaient toute leur place au Parlement.

Parce que l'occultation du passé conduit à renouveler les mêmes erreurs et les mêmes crimes. Parce que la prise de conscience et la repentance (même si le mot déplait à certains) ouvre les coeurs et les esprits aux autres souffrances. Le génocide dont les Arméniens ont été victimes m'ont rapproché profondément des juifs et des noirs, des cambodgiens et des rwandais... Je comprends le traumatisme qui touche mon ami Léon Bertrand et de beaucoup de nos concitoyens d'outre-mer : nous partageons le malheur.

Et donc il faut particulièrement faire attention aux mots qui peuvent tant blesser : cet amendement, parce qu'il est emblématique de l'ignorance de la souffrance de l'autre, doit être supprimé.

Pour autant faut-il juger la colonisation à travers le prisme du XXIème siècle ? L'aventure de la colonisation a été menée par des hommes de gauche, notamment Jules Ferry, au nom du progrès ! contre une droite frileuse qui refusait qu'on aille s'occuper des autres. Le paternalisme, insupportable aujourd'hui, avait la volonté d'apporter l'éducation, la santé, la "civilisation" aux peuples indigènes. On sait aujourd'hui que la liberté est la valeur la plus chère au coeur de l'homme et que ces bonnes intentions n'ont pas tenu face au désir d'indépendance.

J'aimerai avoir vos opinions dans ce débat si important, même si et surtout parce qu'il est complexe !

Commentaires

je suis tout à fait d'accord sur l'obligation morale de supprimer un amendement qui n'aurait même pas du pointer le bout de son nez.
quant à juger l'esclavage tel qu'il a été instauré au 19ème siècle dans certaines régions du globe en fonction de nos valeurs actuelles, je pense que c'est superflu car la rapidité avec laquelle l'information va d'un coin à l'autre de la planète exclut que qui que ce soit renonce encore à la liberté de déterminer lui-même ce qui est bon pour lui (cf les afghans voulant aller par tous moyens et à prix d'or en europe et notamment en GB), à moins que son comportement soit si néfaste à la société à laquelle il appartient qu'il faille lui imposer un enfermement (délinquant).

Écrit par : BLIN Marie-Christine | vendredi, 16 décembre 2005

La loi Gayssot sert à empêcher les recherches historiques sur le génocide allemand des juifs (ce qui ne fait à mon avis qu'augmenter l'audience de ses négationnistes : pourquoi interdire les recherches sur ce génocide si tout ce qui a été gravé dans le marbre lors du procès de Nuremberg est avéré ?).
La loi Taubira sert à empêcher les recherches historiques sur la traite des noirs (traîner M. Pétré-Grenouillaud dans la boue sur la place publique pour avoir fait oeuvre de contextualisation de la traite atlantique des noirs en établissant les faits de la traite interne à l'Afrique noire ainsi que ceux de la traite arabo-musulmane des noirs ne me paraît pas digne d'un pays libre).

Ensuite il y a les deux autres lois "d'histoire". Je les perçois comme d'un autre ordre.

La loi sur la reconaissance du génocide arménien n'a pas été conçue, je crois, dans le but d'empécher les recherches historiques sur le sujet, mais au contraire afin de faire pression sur la Turquie pour qu'elle arrête, elle, d'avoir une "histoire officielle" sur un sujet si important (important car un génocide, inter-civilisationnel qui plus est...).
La loi demandant aux écoles de valoriser les bienfaits de la colonisation, tout particulièrement en Afrique du Nord, ne prétend interdire aucune recherche historique, ni nier que la colonisation ait pu avoir des effets néfastes. Elle part d'une necessité de ré-équilibrage de l'enseignement en France, qui, lui, est aujourd'hui le vecteur, de fait, d'une "histoire officielle' car enseignée systématiquement par les rédacteurs de manuels scolaires et les professeurs idéologiquement partisans (de gauche). Cette "histoire officielle" est celle de la colonisation comme crime irréparable dont la totalité est par nature répréhensible et pour laquelle la France et ses indigènes doivent battre leur coulpe en public ad vidam eternam. Vu que ceci est contesté par 2/3 de la population française d'après un sondage récent, peut-être faudrait-il faire un référendum sur la question... En tout cas, il ne faudrait pas que ce soit enseigné comme ça l'est !

Voilà. Donc les deux premières lois tendent à interdire la recherche et la quête d'objectivité, alors que les deux dernières tendent à la permettre et à l'encourager. C'est une différence de taille.

Cela rendrait d'autant plus difficile à accepter une abrogation seule de l'amendement sur la colonisation !

Sinon, je pense que deux principes distincts se confrontent dans cette affaire, ce qui crée la confusion :
1. Les recherches historiques, ainsi que les discussions historiques en général, n'ont pas à être interdites. Quelles qu'elles soient.
2. La représentation du peuple est en droit d'affirmer des positions subjectives ayant trait à l'histoire, que ce soit à des fins géopolitiques et/ou diplomatiques, éducatives, ou autres.

Donc, la solution est que les affirmations historiques du parlement ne se manifestent pas à travers des lois à proprement parler, ou se fassent par exemple à travers des lois qualifiées ("lois-insignes" par exemple, insigne étant dérivé du latin et voulant dire "remarquable") ne pouvant servir à des poursuites pénales.
Et que l'on assume que l'exécutif, par exemple, ait un droit de regard, et de veto, sur le contenu des programmes scolaires (a vrai dire je n'avais même pas imaginé que cela n'était pas le cas : offrir une totale souveraineté dans l'élaboration programmatique scolaire à des officines fonctionnariennes est scandaleux !).

Bon donc je récapitule ce que je propose :

- abrogation des 4 lois actuelles, création de "lois-insignes" ne pouvant servir de moyens de procès pénaux et vote de 4 "lois-insignes" affirmant : la reconnaissance et la condamnation par la représentation nationale du génocide allemand des juifs, du génocide turc des arméniens, de l'esclavagisme sous toutes ses formes (traite atlantique des noirs, mais pourquoi pas aussi traitres intra-africaines et arabo-musulmane des noirs, et tant qu'on y est : traite orientale des blancs... !), ainsi que la reconnaissance de la colonisation, condamnant ses effets jugés négatifs et valorisant ses effets jugés positifs.
- Mise en oeuvre de dispositions offrant aux élus un droit de regard sur les programmes scolaires.

C'est un peu refaire le monde, mais je ne me gêne jamais ! :DP

Ce qui est sûr, c'est qu'une soumission aux semonces gauchardes (la seule abrogation de l'amendement sur la colonisation), contre l'avis de potentiellement 2/3 de la population française qui plus est, serait d'un très mauvais effet, ne serait ni légitime ni courageux, et ferait encore un peu plus de notre paysage politique une arène de cirque.

Et je compatis avec vos considérations personelles, M. Devedjian.
Si j'étais d'origine arménienne je serais certainement habité d'une volonté de combattre l'abrogation d'une loi telle que celle qui existe sur le génocide des arméniens aujourd'hui. Mais la tentation communautariste, comme celles du ressentiment et de la martyrocratie, si présentes (et chez tout le monde) en ces temps de pénurie de raison d'être, d'espérance et de confiance en l'équité réelle présente et à venir, peuvent être sublimées en élan, en héroïsme transformateur, en voie de construction d'un ordre vertueux, bon et grand !
Les enfants de martyrs n'ont pas à être condamnés à vivre eux-même en victimes, et la justice s'impose par la création et la puissance plus que par le repli et la revendication factieuse.

Écrit par : Alceste | vendredi, 16 décembre 2005

« Je pense profondément, je le redis souvent, un peuple qui oublie son passé ne sait pas où il va.

Et je ne suis pas d'accord avec les historiens qui interdisent aux politiques de se mêler de l'histoire : Jacques Chirac a eu raison de reconnaître la responsabilité de la France dans la déportation des juifs ! La dénonciation du crime de l'esclavage comme la reconnaissance du génocide arménien avaient toute leur place au Parlement. »

Oui, « un peuple qui oublie son passé ne sait pas où il va. » C’est autant vrai en Europe et dans des pays en pleine crise d’identité !
Nina, 92

Écrit par : Nina | vendredi, 16 décembre 2005

Je n’ai pas compris pourquoi une loi que j’avais lue comme visant à décomplexer l’enseignement a été désignée, puis exclusivement dénoncée comme une loi dont l’objet serait de défendre la colonisation. Et je ne comprends toujours pas pourquoi tout le monde accepte ce dévoiement sémantique qui condamne d’avance ceux qui ont défendu le texte d’origine.

Il ne me semble pas honnête de contester qu’il y ait eu des points positifs dans la présence française à l’étranger et, notamment, outre-mer.

Et comme cette malhonnêteté serait flagrante, nous avons assisté à un concours de mauvaise foi et d’escroquerie intellectuelle. J’ai entendu un député de Guadeloupe se présenter comme « un fils de colonisé ». Si les mots ont un sens, les noirs de Guadeloupe n’ont pas été colonisés. Qu’un élu soit obligé de travestir la réalité pour tirer une larme à son auditoire devrait au moins sembler suspect. S’il ne l’avait pas fait, il aurait été hors sujet. Tout comme ceux qui voient en ce texte une ode à l’esclavage.

Ces réactions sont au contraire révélatrices des excès de la chape de plomb qui pèse et se déchaîne dès que l’on sort des sentiers de la repentance. Il n’y plus de place pour les idées qui gênent les activistes de la bienpensance. Ces maîtres-censeurs, ces industriels de la norme morale n’ont plus de contre-pouvoir. Même le parlement s’y casse les dents. Ne parlons pas du président Chirac, qui n’en a plus.

En réalité, cette opposition féroce révèle une réalité tout autre et inquiétante : il est effectivement nécessaire que la représentation nationale se prononce pour permettre - pas obliger – permettre, à ceux qui le souhaitent, de s’exprimer dans un sens qui ne soit pas forcément dans la norme ou qui ne suive pas forcément la morale dominante du moment. Ces réactions ont montré à quel point il devenait vital de protéger la liberté de pensée et la liberté de conscience.

Le parlement devrait se pencher sur les autres idées victimes de l’historiquement correct et briser leurs chaînes !

Emrys Myrdyn

Écrit par : Emrys Myrdyn | mardi, 20 décembre 2005

Et les Vendéens M Deveidjan ? Génocidés par cette république dont vous êtes l'élu... Que la République fasse son oeuvre de mémoire en Vendée avant de penser au reste.

Écrit par : Enzo | mardi, 20 décembre 2005

Je me sens très proche des victimes du génocide arménien et de la Shoah. Mais pourquoi la France nie-t-elle le génocide vendéen (voir la magistrale Thèse de Reynald Secher, publiée en 1986 aux PUF), premier en date dans l'hsitoire contempoarine, et pourquoi glorifie-t-elle ceux qui l'on perpétré, notamment en laissant le nom de l'atroce tortionnaire Thurreau sur l'arc de triomphe de l'Etoile ?

Écrit par : hdp | mardi, 20 décembre 2005

Je serais tout à fait d'accord pour que l'on supprime cet article de loi si, en même temps (et sans remettre cela aux calendes grecques) on supprime les dispositions du même ordre des lois Pleven (si elle en contient, ce que j'ai oublié), Gayssot et Taubira, l'article en question étant d'ailleurs un parfait décalque d'une disposition de la loi Taubira.

En effet, ce n'est pas aux politiques d'écrire l'histoire ni d'interdire aux historiens de rechercher et publier éventuellement des documents qui iraient à l'encontre de la thèse admise par les politiques ou qui permettraient de voir les événements concernés sous un jour nouveau.

Mais ce n'est pas non plus aux professeurs des écoles, collèges et lycées de le faire : dans la plupart des cas, ils n'ont que des connaissances très sommaires de ce qu'ils enseignent, si les programmes universitaires du temps où ils ont conquis leurs titres à enseigner n'en traitaient pas. Les éditeurs de manuels, et même les rédacteurs de ceux-ci s'ils ne sont pas spécialistes non seulement de la matière traitée, mais de la question traitée, ne sont pas plus destinés à écrire l'histoire.

Celle-ci doit être laissée aux véritables historiens, ceux qui vont aux sources, en découvrent de nouvelles ou découvrent des interactions restées inconnues entre des sources déjà connues. Ils ne sont jamais consultés dans la rédaction des manuels, si bien que ceux-ci reflètent souvent les seuls préjugés et présupposés de leurs rédacteurs.

Je ne sais pas ce qu'il faudrait faire, ce qu'il aurait fallu faire. Ce que je sais, c'est qu'il est inadmissible que la France soit vilipendée à travers l'enseignement de l'histoire dans ses propres écoles, par une vision unicolore qui n'accepte que ce qui a été déplorable et refuse de voir ce qui a été louable (et ceci quel que soit le sujet) : ainsi il est inadmissible que la France qui a été longtemps le seul pays du monde dont le sol affranchissait tout esclave qui y parvenait, qui a aboli l'esclavage avant la plupart des grandes puissances, qui a été victime de l'esclavage des personnes trouvées par les pirates barbaresques à bord de navires ou enlevées sur les côtes de la Méditerranée, où le nombre des négriers et bénéficiaires de la traite négrière a été plus faible que dans la plupart des autres pays, ceux-ci n'ayant d'ailleurs acheté que des esclaves vendus par leurs propres compatriotes ou par des marchands arabes, soit considérée comme étant seule ou presque responsable de cette monstruosité qu'est l'esclavage, où elle a eu, certes, une part, mais une part relativement faible.

Je trouve inadmissible qu'en un moment où l'on s'inquiète de l'absence d'intégration de bon nombre d'immigrés, surtout les plus jeunes, l'école de France apprenne à haïr la France et non à l'aimer.

Ce qu'il fallait faire, je ne le sais pas : je ne suis ni ministre, ni député. Dans la mesure où l'article 4 de la loi de 1905 prolonge l'effet de lois précédentes tendant à faire dicter par le politique à l' historien ce que celui-ci a le droit de dire et d'écrire, j'y suis évidemment défavorable.

Sans doute est-ce une révision des manuels d'histoire (sur tous les sujets et non pas seulement sur l'esclavage ou la colonisation) par les historiens spécialistes de chaque question qui serait la meilleure solution. Même si certains ont des préjugés nés de leur origine, de leur éducation, de leurs opinions politiques, ces préjugés peuvent se neutraliser par la pluralité des historiens appelés à juger des manuels avant publication.

Je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l'expression de ma respectueuse considération;

Anne Merlin Chazelas (retraitée après 40 ans de travail de recherche historique au CNRS). Je communiquerai mon adresse sur demande en privé.

Écrit par : Merlin-Chazelas | mercredi, 21 décembre 2005

Je souscrit tout à fait à la phrase écrite ci-dessus par Mme Merlin-Chazelas : "Ce que je sais, c'est qu'il est inadmissible que la France soit vilipendée à travers l'enseignement de l'histoire dans ses propres écoles, par une vision unicolore qui n'accepte que ce qui a été déplorable et refuse de voir ce qui a été louable".
Le monopole de l'idéologie anti-colonialiste dans l'enseignement est mutilant non seulement pour les jeunes français mais aussi pour les jeunes des anciennes colonies qu'il conduit à une "impasse identitaire". On l'a vu, au cours des quinze dernières années en Algérie où l'exécration du passé colonial a favorisé l'islamisme.
De tout coeur, je souhaite que le gouvernement ne capitule pas et maintienne l'article 4 de la loi de février 2005.

Écrit par : Pierre Busson | vendredi, 23 décembre 2005

Je trouve franchement étrange d'avoir nommé Arno Klarsfeld, histrion communautariste juif qui à largement consacré sa vie à la culpabilisation du peuple français, à la tête d'une commission sur cette question.
Cela signifie ostensiblement une allégeance à la loi Gayssot, ce que j'oppose, mais ceci aurait pu être fait de façon plus subtile et sans entrer en contradiction avec ce que dit M. Sarkozy depuis qque temps sur l'excès de culpabilisation française justement...

Écrit par : Alceste | lundi, 26 décembre 2005

Je ne suis absolument pas d'accord avec vous : Arno Karslfeld est un bon choix, il connait toute l'importance de la mémoire, et si on peut ne pas être emballé par son côté "people" parfois excessif, sur le fond il est compétent, (voir son interview dans "Le Monde" de dimanche/lundi).
Quant à Nicolas Sarkozy, vous sortez une phrase de son contexte pour conclure qu'il serait contre la reconnaissance par la France de son histoire : je peux vous assurer que ce n'est pas le cas !

Écrit par : patrick devedjian | lundi, 26 décembre 2005

J'ai lu l'entretien (+ qques articles) dans Le Monde. J'admet que Klarsfeld y est relativement plus posé que ce à quoi on aurait pu s'attendre (peut être que son passage dans Tsahal l'a déniaisé un peu, auquel cas je m'en félicite).
Mais il n'empêche : le choisir était, à mon avis, une erreur.
Va-t'on demander demain à Mme Taubira de diriger une commission sur la pertinence de la loi qui porte son nom ?! Non.
Alors pourquoi nommer un zélateur de la loi Gayssot pour diriger une commission dédiée à l'évaluation de la pertinence de cette loi ainsi que d'autres du même ordre ?

Tant qu'à faire, autant le nommer représentant, ou porte-parole, plutôt que tête de commission.

Aussi, plutôt que de déplorer que "dans les années 1980, les manuels scolaires rédigés par des historiens agrégés ne mentionnaient jamais que les trois quarts des juifs de France avaient été arrêtés par la police française, et non par la Gestapo", ce qui est rigoureusement faux puisqu'il ne fait en fait là référence qu'aux juifs déportés, je préfererais qu'il déplore que l'on ne dise pas assez que les trois quarts des juifs de France ont été sauvés de l'Holocauste par le peuple français...

Et je n'ai pas l'impression d'avoir sorti quoi que ce soit de son contexte : soit on assume l'histoire française, et européenne, soit on s'en plaint et/ou on s'en excuse ad vidam eternam. On ne peut faire les deux à la fois !
Qu'une part de notre histoire soit aujourd'hui à considérer comme mauvaise ne justifie pas de ne pas l'assumer. Or, justement, j'avais l'impression que ces derniers temps Nicolas Sarkozy s'était prononçé contre la contrition systématique, cad pour que l'on assume notre passé.
Comme bcp, j'en étais content. Peut être avais-je mal compris ?!
Ce refus de contrition systématique ne concernait-il que tout ce qui n'est pas lié au génocide allemand/nazi des juifs ?! Si c'est le cas, pourquoi ?

Écrit par : Alceste | mardi, 27 décembre 2005

J'ai bien aimé l'intervention sur France Inter. :)
Rappel de l'islamo-bolchévisme d'Aounit, de la boucherie communiste, du sauvetage de 75% des juifs de France par le peuple français, refus d'abroger l'article 4... Un palmarès impressionant !

Écrit par : Alceste | mardi, 27 décembre 2005

Je rêve où mes "lois-insignes" sont devenues des "résolutions" ?! :D
Ca fait moins législatif, plus clair, j'avoue.
Un peu américain mais bon, c'est un mot français !

Écrit par : Alceste | jeudi, 12 janvier 2006

On dit très souvent que l'histoire est l'affaire des historiens....et je m'inscris en faux sur cette dialectique erronée et dénuée de toute analyse.
Vous prenez un historien lambda et un autre oméga,je vous fiche mon billet que sur même sujet,ils vont décrire l'histoire de façon différente voire opposée sur les thèses qu'ils présentent.C'est d'ailleurs normal car ils possèdent des sensiblités différentes et des opinions qui ne convergent pas toujours.Les exemples sont légions dans la littérature historique (Favier,Michelet,Toland...)
La question est donc qui "dit" l'histoire....eh bien il faut considérer que dans cette littérature il existe un certain nombre de convergences et qu'il faut enseigner le "tronc"commun exprimé par une majorité d'historiens et laisser les interprétations ou les hypothèses possibles à tous.Le tronc constitue alors la "vérité" historique qui sera revue autant que nécessaire et selon le même processus

Écrit par : laporte | lundi, 13 février 2006

Nous ne pouvons contesté le fait que l'Etat reconnaisse les génocides comme la shoah. Car un peuple qui oublie son histoire, oublie qui il est.
Cependant on aurait tort de croire que c'est à l'Etat de "faire l'histoire". L'historien est un chercheur qui se doit d'être indépendant pour construire son propos et ses théories. Il est notamment regretable que Mr Olivier Pétré-Grenouillaud soit malmené pour ses écrits sur les traites négrières. La traite interne africaine est prouvée et avérée. Il serait faux de croire que cet ouvrage tend à minimiser l'esclavage fait par les Blancs. Il évoque d'ailleurs sans fard, l'exploitation des noirs par les Européens.
Ce travail et la diversité des études menées permettent de faire avancer la recherche et donnent à l'homme des pistes pour mieux appréhender son passé. Il est toujours difficile d'aborder ces questions douloureuses. Mais c'est en évoquant historiquement ces sujets que l'on a mis à jour l'ampleur et l'horreur de génocides comme la shoah. L'Etat a bien sûr un rôle à jouer. Car c'est principalement par l'école qu'est diffusée la mémoire historique. Il est d'ailleurs affligeant de voir que l'Etat turc ne reconnaisse par le génocide arménien et que celui-ci soit, la plupart du temps, occulté des manuels scolaires de ce pays.
Ainsi, l'Etat doit accompagner l'historien mais ne doit pas le diriger et l'orienter.
Car mieux connaitre, c'est mieux comprendre.

Écrit par : étudiante en histoire | jeudi, 06 avril 2006

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