mardi, 20 décembre 2005

OMC : la montagne accouche d'une souris

On aurait pu croire que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) avait laissé la place à la seule Organisation Mondiale de l’Agriculture !
Car le résultat de Hong-kong, c’est quoi exactement : un accord général qui ne concerne que l’agriculture !
Toutes les subventions à l’exportation de produits agricoles doivent être supprimées au 31 décembre 2013.
Mais ces subventions à l’exportation ne représentent qu’une faible part des subventions versées par les pays développés à leurs agriculteurs. Et les subventions à la production, qui aident directement les agriculteurs, restent autorisées.


Par exemple, les Etats-Unis vont certes devoir supprimer les 250 millions de dollars qu’ils versent pour aider leurs producteurs de coton à exporter, mais ils pourront maintenir les 4 milliards de subventions pour les aider directement à produire du coton ! et continuer ainsi à concurrencer de façon déloyale les producteurs de coton de pays africains qui n’ont parfois que le coton à exporter, comme le Mali, le Bénin, le Burkina-Faso et le Tchad.
Autre exemple : pour l’Europe les subventions à l’exportation représentent 2,8 milliards €, dont un peu moins de la moitié est versée pour aider les exportations agricoles de la France. Mais l’Europe, elle aussi, pourra continuer à subventionner directement ses agriculteurs à la production : aujourd’hui ces subventions européennes à la production dépassent les 45 milliards…
Le protectionnisme agricole n’est pas mort.
Les 49 pays les moins avancés se voient aussi reconnaître le droit d’exporter sans droits de douane 97% de leurs produits, chaque pays pouvant s’opposer à seulement 3 %, ce qui n’exclut en fait que 400 produits sensibles environ, comme le riz au Japon.
Mais rien sur l’industrie ! et rien sur les services ! alors que ce sont les deux domaines porteurs de croissance et d’emplois…
On aurait pu espérer un accord facilitant les exportations de service : ainsi la France est très en pointe dans le domaine du traitement de l’eau avec des sociétés comme Véolia et Suez. Les barrières douanières et des obstacles importants continuent d’exister pour freiner l’exportation de ce service.
Il est vrai que l’OMC avait déjà connu trois échecs (Seattle, Cancun et Doha) : l’institution était menacée, pour le plus grand plaisir des Etats-Unis qui préféreraient nettement réglementer le commerce international à leur guise !
Il valait mieux un petit accord qui permette de continuer à avancer que rien du tout.
Car l’Organisation Mondiale du Commerce, contrairement à ce que pensent José Bové et les altermondialistes, est le seul moyen de s’opposer à la loi du plus fort que souhaite voir régner les Etats-Unis qui pratique un protectionnisme systématique de leurs produits. Seule l’OMC les contraint à ouvrir réellement leur commerce intérieur aux autres pays !

Commentaires

"Car l’Organisation Mondiale du Commerce, contrairement à ce que pensent José Bové et les altermondialistes, est le seul moyen de s’opposer à la loi du plus fort que souhaite voir régner les Etats-Unis qui pratique un protectionnisme systématique (...)"

Heureux de lire ça. Cela fait longtemps que je doutais de mes facultés mentales, tant il m'est difficile de faire comprendre à mes interlocuteurs (amis, les autres, je n'essaie même plus) que le libéralisme exige des règles fortes pour protéger de la loi du plus fort et non pour l'imposer ! Je ne sais pas comment vous faites, moi je n'y arrive pas.

Emrys Myrdyn

Ecrit par : Emrys Myrdyn | mardi, 20 décembre 2005

C'est très difficile, cher Emrys, je suis d'accord ! il faut donc s'y mettre et expliquer sans relâche que c'est notre intérêt et que cela ne s'oppose pas à la solidarité, bien au contraire : on continue ensemble ?

Ecrit par : patrick devedjian | mercredi, 21 décembre 2005

"Le libéralisme exige des règles fortes pour protéger de la loi du plus fort". Ou bien "la dictature exige des règles fortes pour protéger de l'oppression". Citoyen Emrys, vos amis ont peut-être quelques raisons de ne pas admettre votre point de vue.
Le libéralisme, C'EST LA LOI DU PLUS FORT. Il est l'émanation de pays qui se sont enrichis après avoir pratiqué le protectionnisme le plus total ; et qui se sont empressés de changer les règles du jeu une fois leur prospérité et leur suprématie assurées. Il n'y a d'ailleurs qu'à voir leur réticence à libéraliser ce qui reste à l'être et ce qui doit l'être, selon leur propre dogme. L'OMC, c'est les puissants qui s'arrangent, qui arrangent leurs petites affaires. On lâche du lest de temps en temps, pour éviter le clash et se donner une bonne image à peu de frais.
M. Devedjian, expliquez sans relâche, vous avez du travail pour convaincre que pour vous la solidarité ça a du sens. Mais on est déjà en campagne électorale.

Briens

Ecrit par : Briens | mercredi, 21 décembre 2005

La libéralisation du commerce conduit souvent à des aberrations!:Exemple,le Brésil exporte ses produits agricoles,alors que dans le même temps,des millions de brésiliens ne mangent pas à leur faim!...
Sous la pression de l'Occident,les pays en voie de développement privilégient les cultures d'exportations au détriment des cultures vivrières...Ce qui les rend encore plus pauvres...

Ecrit par : Lionel | mercredi, 21 décembre 2005

... d'où la nécessité d'une approche particulière de l'OMC pour le commerce des produits alimentaires.

J'espère que les prochains sommets verront des avancées nettement significatives sur ce thème.

Complétement d'accord avec vous sur la nécessité de l'OMC. Ce n'est pas en détruisant l'outil que nous pourrons travailler même s'il n'est pas formidable d'efficacité et de rendement.

Cordialement.

Ecrit par : Jérôme T. | mercredi, 21 décembre 2005

Monsieur Devedjian,

L’OMC ET LA POLITIQUE DE L’AGRICULTURE

Je crois que la France a besoin de réformer la politique de l’agriculture. Sans tomber dans l’utopisme, la politique d’agriculture intensive, dépendante des subventions européennes énormes, devrait changer vers des systèmes d’exploitations plus écologiques avec l’accent mis sur les produits de haute qualité.

Au niveau des barrières douanières, par exemple en Inde et au Brésil, des pays émergents, celles-ci sont élevées. Ces deux pays ne peuvent plus continuer à demander que l’Europe et les USA diminuent considérablement leurs subventions sans contrepartie d’une baisse des taxes de douane.

Après 2013, les subventions agricoles d’un montant très élevé vont prendre fin. En parallèle, l’agriculture se développe dans la Nouvelle Europe, ce qui va créer encore plus de concurrence pour les agriculteurs français. Il va falloir innover non uniquement au niveau national, mais dans le cadre de l’OMC.

La France est une puissance mondiale agricole et un exportateur leader dans l’agroalimentaire. C’est aussi important d’aider les petites et les moyennes entreprises pour qu’elles puissent continuer à se développer, aussi à l’international et assurer l’image de la France, connue pour tous ses produits de haute qualité (et le luxe).

La grande distribution française avec tous ces réseaux mondiaux devrait s’associer avec ces producteurs pour exporter ces produits de haute qualité. Au niveau du marché domestique, au lieu de casser les prix des petits producteurs de fruits dans le sud de la France, il faut un système de prix minimum, plus équitable, qui permet à ces producteurs de se développer ou de s’associer pour distribuer, vendre et exporter leur produits.

Donc, il faut faire en sorte que la grande distribution ne soit pas source de
« dégradation » des marges de nos agriculteurs, mais un contributeur à la valorisation des produits de haute qualité française à travers le monde. Un produit doit se vendre à son juste prix, ce qui permet de réserver les subventions européennes pour la création d’emploi, la recherche et le développement aussi dans d’autres secteurs et non pour « subventionner les vaches », comme disait M. Tony Blair !

Ecrit par : NJT | lundi, 26 décembre 2005

Bonjour, j'ai trouvé de nombreuses informations sur l'OMC à cette adresse :

http://www.omc10anscasuffit.ouvaton.org/

Bon courage !

Ecrit par : Nicolas | mardi, 03 janvier 2006

"la loi du plus fort" c'est l'absence de loi et d'autorité pour la faire respecter, à l'international comme ailleurs. Vive l'OMC pour soutenir les plus faibles.

Ecrit par : patrick devedjian | samedi, 07 janvier 2006

"Il n'y a d'ailleurs qu'à voir leur réticence à libéraliser ce qui reste à l'être " dites-vous Briens...
Mais... Si vous reflechissiez un peu, si vous saviez un peu ce qu'est le liberalisme, jamais vous ne qualifieriez de liberaux les Etats-Unis ou les 25...

En revanche, je tiens a preciser que, en ce qui me concerne, l'Europe est tout aussi protectionniste que les Etats-Unis, et qu'elle souhaite au moins autant imposer cette loi du plus fort... qui vise a exporter sans rencontrer de barriere, et a empecher les autres, en particulier les pays pauvres, d'exporter... A la difference pres que l'Europe doit faire face a aussi, voire plus, fort qu'elle...

Il me reste a m'excuser pour les accents, surtout pour leur absence, mais a ma decharge, il n'y en a pas sur ce clavier "qwertz..."

Ecrit par : Julien P. | mardi, 10 janvier 2006

Il ne s’agira que de blâmes sans lesquels il n’est pas d’éloges flatteurs(1). A l’heure où les rappeurs sont relaxés en appelant à ‘exterminer les ministres’ et ‘ tout niquer’(2), les individus que ces quelques lignes dérangeront les prendront pour une opinion libre …alors que la Justice absout la haine ‘au nom du Peuple Français’.
Donc, la mascarade grandit. Elle a commencé fin 2005 par un indécent plagiat du titre du remarquable ouvrage ‘c’était De Gaulle’ d’Alain Peyrefitte. Il est vrai qu’entre autres qualités révélées depuis 1981, l'impudeur et la morgue sont leur apanage.
Jusqu’où ira ce carnaval ? La dictature intellectuelle, médiatique et artistique est à l’œuvre. Rien ne sera épargné aux Français abusés depuis 25 ans. Pas même les sondages douteux dans la veine d’avril 2002; voici qu’ils parviennent à faire plébisciter, dix ans après sa disparition, le quatrième Président de la Cinquième République. Or ce dernier ne dut sa longévité à la magistrature suprême qu’à son machiavélisme, son art consommé de la manipulation et du mensonge. Pour le malheur de la France. Car le 10 mai 81 fut un ‘10 mai 40 politique’. Une doctrine totalitaire et utopique, portée à son comble par le Front Populaire, conduit au désastre politico-militaire, en 15 jours, un Pays moralement et matériellement désarmé. Quatorze ans de présidence socialiste menées par un homme trop habile, cachant son passé vichyste et familial, délabrent la Nation, affaiblissent l’Etat et abusent le Peuple- finalement dégoûté. De surcroît il forcera la complicité des médias, noyautés, mis aux ordres ou menacés. En somme, le rédacteur du ‘coup d’état permanent’(3) a sublimé la dictature. Quel génie !
(1)Beaumarchais/ (2)Cours d’Appel de Rouen-14 déc.05/ (3)plon 1964
CASTELIN Michel/13600/La Ciotat/04-jan-06/0442089300/

Ecrit par : castelin | jeudi, 12 janvier 2006

Je recommande à tous la lecture du navet de SAPIR intitulé pompeusement "LA FIN DE L'EURO LIBERALISME" un monument de vulgarisation économique (chez Seuil au prix, non économique, de 18 euros)après on peut en parler ?
Sidérant et inquiétant de la part d'un éminent directeur d'études à l'école des hautes études en sciences sociales.Nos petits chéris qui vont téter ces âneries saurons ensuite ou ils devront conduire notre pays le plus rapidement à ......sa ruine.
Patrick Devedjian l'avez vous lu?

Ecrit par : laporte | vendredi, 10 février 2006

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