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dimanche, 04 juin 2006
Ségolène et Nicolas
On ne peut là que se réjouir de la modernisation du débat politique français !
Aujourd’hui, Ségolène Royal est plus populaire, peut-être est-ce l’effet « nouveauté » ? Mais demain, est-ce que ce n’est pas le projet qui sera premier, bien plus qu’une belle image ? Et là, l’avantage me semble revenir à Nicolas Sarkozy qui porte vraiment le projet de l’UMP, construit au fur et à mesure de ses conventions, alors que Ségolène Royal est très décalée par rapport au projet socialiste.
Nicolas Sarkozy rassemble assez largement la droite, Ségolène Royal est contestée par des personnalités et des forces politiques de gauche en raison de son « blairisme » ou plus récemment de ses propos sur les jeunes délinquants. Elle me semble commettre la même erreur que Lionel Jospin : elle est déjà dans une « stratégie de second tour » en cherchant à gagner sur l’électorat de son adversaire au lieu de penser d’abord à rassembler les siens. Le 21 avril 2002 est pourtant dans toutes les têtes !
Rien n’est joué : l’élection présidentielle a toujours déjoué pronostics et analyses. Mais déjà, l’arrivée de ces deux personnalités sur la scène politique rend le débat nouveau et plus intéressant.
22:25 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (280) | Envoyer cette note









Commentaires
ce ne sont que des arguments pour nous rassurer. Je disais la même chose il y a peu de temps (en revanche c'est bien vrai qu'elle n'a aucun charisme ni talent oratoire... se faire plier en débat par Douste est quand même une humiliation). Tout de même, M. Devedjian, voir ici une éloge de Royal c'est pour le moins iconoclaste et surprenant.
Quant à notre supposée supériorité idéologique c'est de l'argument à rassurer les retraités dans une réunion UMP locale "De Gaulle, un grand homme". Je rappelle que le PS a dépassé la barre des 200 000 adhérents.
Sarkozy ne propose plus : c'est ça la réalité. Il réagit aux propositions de Royal. Avant c'était l'inverse.
Mme Hollande séduit le centre, rapatrie les déçus de la gauche et ce n'est pas avec nos réactions "elle avait qu'à voter pour nous", qu'on cassera son image.
Sarkozy est en train de se chiraquiser. Va-t-on se mettre à raisonner en Siècle aussi? On entend des commentaires typiquement chiraquiens "oulalala malheureux le temps est une vaste entreprise et les choses changent" ou "Notre travail paiera à long terme" (J-360jours avant le miracle chiraquien donc, tenez vous prêt).
J'entend trop de relativisme dans votre discours. Je n'attend pas pour autant du catastrophisme (ça serait ridicule à un an des élections), mais des propositions (ce qui a fait et fait l'atout majeur de Sarkozy).
Je le répète, les rôles se sont inversés en quelques mois :
- Mme Hollande devance Sarko dans les sondages
- On attend les réactions de Sarkozy aux propositions de Mme Hollande. Avant c'était l'inverse.
- Mme Hollande est passée du statut Président (les noms de fonction sont neutres, n'en déplaise aux féministes de base) de la région Poitou-Charentes à favorie.
La roue tourne et dans le mauvais sens (surtout quand on lit l'esquisse de programme du PS -excellent article de Le Boucher- complètement ahurissant et apocalyptiquee... c'est un devoir patriote de les stopper !)
Désolé si mon commentaire est un peu arrogant mais je constate un certain relativisime terriblement chiraquien. Je ne crois pas que l'UMP prend la mesure de l'engouement autour de Mme Hollande. Or, ce qui est inquiétant, c'est que cette fois, la maxime de Dominique le lyrique par laquelle "l'opinion publique est une salope", ne se vérifie pas. La séduction semble réelle et durable et on continue de la mépriser. Il lui reste certes l'investiture, mais même si elle néglige son coeur électoral, les nouveaux adhérents la supportent majoritairement. Il serait suicidaire de négliger cette donnée. Notamment quand on est sarkozyste et qu'on sait à quel point le renouvellement et l'ouverture de l'UMP ont permis le support quasi-inconditionnel de l'UMP à son Président. Ce n'est pas les vieux cadres du RPR ni les vieux de la vieille du RPR qui ont élu Sarko mais bien les nouveaux. Royal l'a bien compris et recopie sagement et de façon scolaire ce qu'elle a observé chez nous.
Ecrit par : regis | lundi, 05 juin 2006
bonsoir,
Je poste régulièrement sur le blog de DSK et ce qui me déprime c'est que concernant Nicolas Sarkozy, je suis obligé de prouver qu'il est démocrate et qu'il défend les valeurs républicaines. Une grosse majorité de strauss-kahniens a de la haine et du mépris pour Sarkozy et indirectement c'est un peu moi qu'ils touchent.
Toute cette haine de la gauche envers Nicolas me blesse profondément, je dois dire.
Régis, tu as tort : Sarkozy n'a eu qu'à répondre qu'à un discours de Royal. Pour le reste, c'est lui qui mène la danse des idées dans ce pays.
Ségolène Royal, bien qu'elle soit cruche et incompétente rénove le débat politique, vous avez raison Mr Devedjian. Je pense, hélas qu'elle est mieux à même de rassembler plus de 50% des français au second tour que Sarkozy dont énormément de gens ont une énorme méfiance et qui en ont peur (à tort) autant que de Le Pen.
Ecrit par : Loïc | lundi, 05 juin 2006
@ Loïc,
la peur dont vous parlez est imputable à la calomnie de nos camarades idéologues qui ne craignent qu'un évènement la glas du statu quo. Lorque les électeurs auront à se prononcer sur un programme, ils ne pourront qu'être rassurés par le candidat dont le parti n'a laissé aucun thème au hasard, à savoir Nicolas SARKOZY. Ségolène nous révèle sans doute des surprises, mais il lui faut en premier lieu convaincre ses camarades. Rien n'est joué. Aristote disait "que la bataille soit gagnée ou que la bataille soit perdue, là n'est pas la nécessité, la seule nécessité est que OU la bataille soit gagnée, OU qu'elle soit perdue" (opposition des futurs contingents, chapitre IX)
Ecrit par : Marie-Sophie | lundi, 05 juin 2006
de plus, Royal ne refait en rien l'erreur de Jospin. Ses amis Aubry, Fabius et Hollande font le travail de gauchiser le discours. Encore une fois, je regrette ce relativisme et ce déni de réalité.
Le programme socialiste est un formidable voyage dans le temps et nous rappelle que l'URSS peut faire encore rêver. Qui peut nier le caractère gauchiste du programme du PS ? On parle encore de nationnalisation etc
Royal les laisse donc faire, ils le font très bien.
Si elle est investie, elle se présentera aux français avec un programme gauchiste et une image travaillée, renouvellée et sans les reproches que font d'habitude les fr aux socialistes : fermeté retrouvée, une certaine idée des valeurs morales (pour éviter les "tout fout le camp"), une certaine carrure (pas des fêtes sur le moindre évènement ni une analyse ébahie par défaut à la Lang), un sens du réalisme quitte à renoncer au côté bobo ("je me place sur le terrain de ceux qui souffrent"). Mme Hollande s'attache véritablement à casser un par un les reproches faits aux socialistes :
-durcissement du ton quand il le faut
-pas de décadence morale
-un programme socialiste et de gauche
-une certaine expertise (mais simulée) dans le domaine économique (cf itw sur les échos)
C'est la politique du grand écart que les US connaissent bien.
Donc, Royal arrivera avec un programme socialiste et une image prête pour le second tour.
Je continue à croire, sur témoignages, que Royal est une incompétente notoire mais qu'elle a un sens du "coup" et un sens stratégique redoutables. Sarkozy a deux atouts considérables contre elle, et il doit en user !
- un débat tv Sarko Royal sera à enregistrer. Sarkozy la pliera. Regardez Royal en interview : elle se tient droite(et y veille, elle se redresse souvent), regarde à gauche à droite, a une voix affreuse, est monocorde. Elle est inefficace et instable. Le talent oratoire, la rhétorique de Sarko ne sont plus à prouver.
- Sarkozy est, qu'on le veuille ou non, celui qui propose et celui ose (Mme Hollande, sur la délinquance, a essayé de casser ce monopole / elle ne l'a pas fait sur l'immigration, trop polémique mais elle le fera tout le temps et sur tous les sujets à terme je pense). Il faut qu'il quadrille le terrain et propose à tout-va. Il obligera Mme Hollande à sombrer dans la démago ou à le plagier. Dans les deux cas, c'est tout bénéf. Il faut que Sarkozy se serve de cette stature d'ingénieur. C'est véritablement son atout, d'autant que son image de fermeté et de détermination tendent à faire comprendre qu'il réalisera ses propositions.
Bref, j'aimerai vraiment que Sarkozy propose à nouveau ! (je me répète je sais, mais je reste persuadé que ça sera la clé de 2007, les fr veulent du nouveau)
@ Loïc : Il est évident que Mme Hollande n'impressionne pas par ses idées nombreuses et pertinentes. Mais, je constate que c'est le fruit d'une démarche volontariste de Sarkozy qui a jadis proposé à tout-va. Pendant 4 ans, tous les débats ont gravité autour des idées de Sarkozy. C'est un atout considérable que Royal essaye de casser. En outre, ces derniers temps, je n'observe plus cette capacité qu'a Sarkozy à proposer. J'estime donc qu'au regard de la menace Royal et de l'affaiblissement de la vitalité idéologique de Sarkozy, il est grand temps de réagir !
(quant à l'argument "sarko facho", c'est une manière de ne pas rentrer dans le débat et d'éviter tout dialogue sur le fond. Je rappelle une citation d'un général stalinien dont je ne me souviens jamais du nom "Insultez quelqu'un de fachiste et le temps qu'il se justifie, vous aurez tout loisir de trouver d'autres attaques")
Ecrit par : regis | lundi, 05 juin 2006
Vos réactions m'intéressent beaucoup, elles confirment aussi ce sentiment d'incertitude, inévitable ! sur le résultat de 2007, et heureusement car c'est stimulant.
A Régis qui souhaite que Sarkozy propose toujours du nouveau et je le comprends, car cela veut dire "occuper le terrain" : d'abord, il faut aussi prendre le temps de faire passer les idées ; nos concitoyens sont souvent frileux sur la nouveauté, parce qu'ils la voient comme une mise en cause de leurs modes de vie.
Ensuite, notre projet n'est pas connu : il n'y a pas que la délinquance et l'immigration, il y a aussi l'éducation, les institutions, la dépense publique, le travail...Nous avons un an pour le faire connaître. Regardez la polémique sur le lundi de Pentecôte, admettons les fautes de communication et d'organisation, mais sur comment financer la dépendance ? rien, si ce n'est, en filigrane, il n'y a qu'à augmenter les impôts. Or c'est la dépense publique qu'il faudrait baisser...
Enfin, je suis libéral, donc je crois à la concurrence parce qu'elle est stimulante, et je fais confiance à Sarkozy pour y faire face ! Bonne journée à tous !
Ecrit par : Patrick Devedjian | lundi, 05 juin 2006
Monsieur le Député ,
il y a de quoi etre ravi. La semaine derniere , l'affaire Guy Drut , vous inspirait pour evoquer ENCORE une loi nouvelle a voter.
les commentaires ont tourné autour de tas d'autres sujets : le logement, l'Europe, La bourse, le smic. on aurait pu y rajouter les OGM, l'energie (+48% de huasses des tarifs electriques pour le marché dérégulé des entreprises, cela va suremement aide la politique industrielle et la stabilité des couts . il y a de la perspective pour les particuliers a compter de .... juillet 2007: on se rappellera aussi de l'argument Europeen , l'interet du consommateur...)
Vous nous avez parlé de la France qui va droit au mur a plusieurs reprises,et la derniere quinzaine Mme Clara Gaymard et Monsieur Breton ont fait l'article sur les points forts du pays . Pas de commentaires , ne serait-ce que pour mettre l'accent sur les points forts qui servent a s'appuyer pour d'autant mieux réduire les points faibles.
Vous nous avez parlé de la justice et de "sa reforme indispensable". La commission Outreau est parti pour des propositions qui developpent notamment les moyens ( deux juges, des cameras d'enregistrement). Bizaremment on a pas entendu le montant des couts induits de telles propositions et donc leur mode de financement .
Ou en est on du fiancement des bracelets electroniques ? Deja votés, ils ont été critiqués notamment sur la capacité de l'etat a financer une mesure dont le cout quotidien de 60 euros par jour est aussi élévé que le cout d'une journée d'incarceration ?
Cette semaine on sent toute l'ampleur du thème : une gravure fait elle table de loi ?
je vous cite : "Mais demain, est-ce que ce n’est pas le projet qui sera premier, bien plus qu’une belle image ? "
C'est vrai que nous sommes tous équipés de mémoire a court terme et n'avons plus le souvenir de Cécilia Sarkosy et du Petit Louis et sa grande declamation face caméra " bonne chance mon papa".
(et toutes les excellentes participations en invité principal ou invité tout court a Vivement Dimanche ou ONPP).
Alors il est important de bien regarder la communication ENCORE UNE FOIS, le fond suivra ........ dans le tirage de mai 2007.
Des numeros complémentaires a suggerer ? : le 4 , le 21 ?
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Quelles sont les propositions des partis pour la mandature en cours et la mandature prochaine ?
Quelles reponses sur les sujets de la vie courante ? et il n'y a pas que les flash , les ceintures de securite et les cameras de surveillance .... Merci a vous.
Ecrit par : Erkc | lundi, 05 juin 2006
Patrick DEVEDJIAN,
Aujourd’hui, Ségolène Royal est plus populaire, peut-être est-ce l’effet « nouveauté »
Plus populaire cela reste à démontrer, d'autre part les français se détermineront sur un projet politique et non sur de belles phrases et si l'on en croit DSK invité de Marc olivier Faugiel hier soir, le parti socialiste n'a, à ce jour , aucun programme.
Que marie Ségolène soit populaire c'est par contre indéniable. il s'agit quand même de la première femme en mesure de réellement se présenter à une élection majeure en France. Et il est vrai qu'en France on ne tape pas volontier sur une femme. Nous verrons ce qu'elle fera si son cher compagnon, lui aussi présidentiable, claque la porte de la Datcha. saura-t-elle gérer la crise ?
En expliquant son programme, qui ne se limite pas à la délinquance et à l'immigration, NS et l'UMP fédèreront une majorité de français et c'est sur un vrai programme que la présidentielle se jouera. C'est notre responsabilité collective de relayer le message et de faire triompher nos idées, il ne suffit pas de se contenter de regarder.
, et il ne faut surtout pas attendre le second tour pour se mobiliser.
Ecrit par : jean françois | lundi, 05 juin 2006
Chers amis,
Ségolène incarne une nouvelle façon de gouverner, ce qui n'est pas le cas de Nicolas, qui dit incarner la rupture, mais qui soutient en même temps un gouvernement dans lequel il est le numéro 2 depuis plus de 4 ans.
Très difficile d'incarner en même temps la rupture et la continuité.
Ségolène est très apprécié par les militants PS, qui sont à peu près 230 000 à ce jour, avec une forte augmentation depuis la campagne d'adhésion à 20 euros, histoire de peser sur la désignation du candidat.
Nicolas oscille entre moquerie et virulence, ce qui est le signe d'un désarroi de sa part.
Ségolène le déstabilise, car elle, elle ne joue pas l'hypocrisie et se démarque de son camp sur les questions des 35h et de l'immigration, par exemple.
Ce qui change les plans de Nicolas, persuadé qu'il était de faire campagne sur ses thèmes favoris : l'immigration, la france au travail, l'insécurité etc etc..
Les français voient Nicolas tous les jours sur leur écran de télé depuis 4 ans, et sont séduits par Ségolène qui à la fois se démarque de son camp et apporte des idées nouvelles dans de multiples domaines allant de l'immigration aux OGM.
Et sur le plan de l'image, je ne vous fais pas de dessin.
D'un côté, une femme Zen, qui ne donne pas de coups bas, qui répond de manière trés calme et très directe aux journalistes, qui évite les formules toutes faites et les insultes ( rappelons nous des racailles et karcher) et qui a une présence extraordinaire.
De l'autre côté, un homme toujours en état de surexcitation, prêt à dégainer ses formules à l'emporte pièces.
Jean-François : Non, le PS a élaboré un projet qui fait discussion chez les militants.
Mais le PS a un gros défaut : C'est un parti démocratique. Ce sont les militants qui influent sur le projet et qui désigneront le candidat.
Pour moi qui ne suis pas spécialement de gauche, il n'y a pas photo.
Quelqu'un ( je ne sais plus qui) suggérait une grande claque de Sarkozy en 2007.
Le problème, c'est que les claques, c'est lui qui les donne au peuple français depuis 4 ans, et le peuple français, dans moins d'un an, va s'exprimer, vois tu.
Christelle
Ecrit par : Christelle | lundi, 05 juin 2006
@ Jean-François,
je souhaite rebondir sur la présence d'une femme à une élection majeure. J'entends beaucoup d'indécis dire : si une femme est candidate, qu'elle soit de droite ou de gauche, nous voterons pour elle, car une femme est plus pacifique, plus modérée qu'un homme.
Si l'on peut à juste titre souhaiter qu'une femme accède à ce type de fonction, il serait intéressant de mettre en évidence que la modération n'est pas nécessairement l'attribu d'un genre, féminin ou masculin.
En témoigneront certains parlementaires ou journalistes qui se sont heurtés à une agressivité remarquée pendant la réforme des retraites de la part de Ségolène qui maîtrisait vaguement les enjeux d'un tel sujet.
Ecrit par : msm | lundi, 05 juin 2006
Voici quelque chose d'éclairant sur la perception des élites sur l'incertitude actuelle : c'est lumineux. Je ne doute malheureusement pas que M. Devedjian soit d'accord...
http://francelatine.over-blog.com/article-2920973.html
Bon lundi de Pentecôte
Ecrit par : phiconvers | lundi, 05 juin 2006
Et si Ségolène révait de ne pas être désignée par les militants du PS ?
Elle imagine ce qui arriverait si elle était élue présidente : Pourrait-elle appliquer la politique qu'elle nous décrit aujourd'hui ?
Avec les éléphants, les syndicats, les gauchistes etc... Sûrement pas.
Non, elle espère bien qu'un autre sera désigné pour représenter le PS. Et même si Sarkozy est élu, Ca ne la dérangera pas.
Elle prépare en ce moment l'élection de 2012.
Elle a tout son temps pour ça.
Elle aime bien Blair qui a réussi une politique de droite avec les électeurs de gauche.
Mais si Blair a réussi, c'est qu'il avait été précédé par Margaret Thatcher.
Et si Sarkosy était le Thatcher de Ségolène ?
Roger
Ecrit par : Roger | lundi, 05 juin 2006
Cher Monsieur Devedjian,
Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy tous deux rénovateurs de leur camp c'est une très bonne analyse. Pour poursuivre sur ce terrain, et à titre d'information, peut-être aimeriez-vous lire ce qu'écrivent Les Cahiers de l'externité, dont voici l'adresse électronique : http://cahiersdelexternite.blogspot.com/
Pour cette rmodernisation du débat politique sur laquelle nous sommes bien d'accord,
avec mes salutations,
Jim Palette
Ecrit par : Jim Palette | lundi, 05 juin 2006
J'aimerais revenir très brièvement sur le premier post' de Régis, qui dit " c'est un devoir patriote de stopper le nouveau programme socialiste".
Il a raison, réveillons nous et regardons la gravité de ce qui se profile à l'horizon !!!!
Imposer par extension les 35 heures à tous : C EST DICATORIAL ET AUX ANTIPODES DE TOUS NOS PRINCIPES HERITES DE 1789 !!!
La France s'est bâtie sur la possibilité pour chacun d'exprimer son mérite par le travail : mais que reste-t-il si l'espace d'expression de la méritocratie est ainsi bouché, qui a le droit d'imposer du loisir à qui voudrait gagner plus pour soi et sa famille !!!
C'est une honte, je vomis toute cette racaille socialiste complaisante qui après avoir ruiné nos finances avec leur pseudo politiques keynésiennes pendant presque deux mandatures présidentielles ( Bérégovoy, avec le déficit de 6,1 % que tu nous a laissé finalement le pruneau que tu t'es mis dans la tête était rétrospectivement la sortie la plus élégante) prétend pousser encore plus les leviers du nivellement.
Aucune création de richesse, mais la spoliation des classes moyennes.
J'appelle au sursaut patriotique!
Et Monsieur Devedjian,
qu'attendez vous pour dénoncer la gravité du programme collectiviste et brejnevien de la gauche, d'alerter le peuple, plutôt que de nous chanter les louanges de Ségolène Royal !
Ecrit par : Julien M. | lundi, 05 juin 2006
La gravité du projet mérite peut-être plus que deux tribunes de Lambert et de Pécresse en termes de réactions. Qu'attend Sarkozy pour rebondir ? !
Ecrit par : Julien M. | lundi, 05 juin 2006
Je viens sur votre blog Monsieur Devedjan pour la première fois et je salue votre sens de la modération et la finesse de votre analyse politique.
Etant pour ma part un supporter de DSK pour un vrai programme de gauche moderne et responsable, je ne peux évidemment pas partager vos opinions.
Néanmoins je souscris à votre idée selon laquelle, Ségolène Royal oublie de rassembler son camp. A gauche elle bouscule les militants convaincus (comme moi).
Par contre au niveau du timing et des thèmes retenus, c'est parfait : sur le terrain de la sécurité et des inégalités des 35 h - épines dans notre jardin en 2002 -, elle peut dire "ça c'est fait !" Et revenir plus tard - au moment de la campagne interne - sur des thématiques plus sociales, familiales, en un mot plus rassembleuses.
Elle est malheureusement en train de mettre KO debout tout l'appareil du Parti. Elle est partie à l'assaut de l'extérieur. Je ne sais pas comment vont réagir les présidentiables mais après la surexposition de Nicolas Sarkozy - on n'entendait parler que de lui - c'est au tour de Ségolène Royal d'imprimer le papier et la pellicule. Tous les autres sont en dehors du scope des radars.
Bien que DSKphile de longue date, j'admire la performance et l'audace. Le courage aussi. Je suis fidèle à mon camp et à mes convictions donc je soutiens DSK car je crois qu'il est davantage au centre de nos idées, mais j'observe la stratégie politique blairiste faite d'image et de pragmatisme idéologique avec attention.
PS : Une ombre au tableau de votre blog dont vous n'êtes pas responsable. Certains des commentateurs ici feraient bien de mesurer leur propos. Ils datent un peu et surtout quand ils s'en prennent aussi brutalement à la mémoire d'un des nôtres, ils manquent de la décence la plus élémentaire.
Ecrit par : Aiglon | lundi, 05 juin 2006
Aiglon,
Il est de notoriété publique que DSK était farouchement opposé au 35 heures et descendait Aubry dans le privé. Le tout Paris le sait, entre autres turpitudes...
inutile d'aller plus loin...
Et le socle du projet pour tout candidat de votre bord est non seulement le maintien des 35 heures mais son extension. Bref, non seulement on ne change pas une mesure néfaste (je ne vous cite même pas le rapport de l'inspection des finances ou les chiffres de l'OCDE) mais on l'étend...
Strauss est un économiste brillant il est vrai, mais c'est un roublard de première, qui biaise constamment et fait de la rhétorique.
J'ai assisté à plusieurs réunions avec lui dans le cadre de Génération République et des colloques en petit comité des étudiants de l'IEP, je ne préfère
même pas cités le cynisme latent du propos.... Alors les beaux discours de mobilisation très peu pour moi .
Ecrit par : Julien M. | lundi, 05 juin 2006
@ Christelle : ne vous réjouissez pas trop vite.
Sarkozy reste et restera (j'en suis convaincu) le candidat de la rupture et celui qui incarne le plus la capacité à changer ce pays. C'est flagrant dans tous les sondages. Royal ne fait que ramasser les miettes.
A ce que je sache, au regard de notre endettement, au regard de notre système scolaire, de notre modèle social bancal... 2007 sera une année de défi. Sarkozy a le profil qui répond le plus aux différents défis qui attendent la France. Les français l'ont très bien compris.
Le côté "force tranquille de droite" de Mme Hollande ne marchera pas dans un pays qui a soif de nouveauté et de changement. Les français savent que ça urge.
@ M. Devedjian
Effectivement, après avoir lu ce w-e dans le figaro que les sarkozystes ne s'inquiétaient pas (il y avait deux, trois commentaires d'Hortefeux), je me suis -pour la première fois-dit qu'on pouvait perdre. Moi, j'ai l'exemple de ma mère qui est la caricature à l'extrême de l'électeur indécis/pas vraiment affilié/ pas vraiment rationnel. Néanmoins, pour que les choses soient claires, elle serait plutôt de centre gauche (ce qui ne veut pas dire grand chose). Je suis convaincu de sa représentativité, c'est un échantillon SOFRES à elle seule. Il y a peu de temps; elle aurait voté Sarkozy, aujourd'hui elle, comme beaucoup de fr, est séduite par Mme Hollande (j'aime beaucoup l'appeler Mme Hollande... ça casse le mythe de la femme fraîche et libre). Bref, je ne doute en aucun cas de la supériorité de Sarkozy. En plus, je suis de droite donc ça tombe bien. J'ai également conscience des impératifs d'agenda et de la nécessaire préparation de terrain avant de balancer des idées (cf CPE).
Mais je vais encore citer un exemple. Je suis passionné par la géopolitique, les questions de défense...etc Je le dis très simplement : la réputation de Sarkozy dans l'armée est une catastrophe. Atlantiste, pas patriote, incompétent( sa phrase "on a pas besoin de 6 sous-marins nucléaires pour poursuivre Ben Laden" est une énorme faute : la France a des sous-marins minables, vieux, et tous les autres puissances nous ridiculisent sur ce plan)... De plus, son passage à Bercy, a laissé des traces : Sarkozy a rempli son rôle de comptable dépressif à lunettes qui chipote pour le moindre euro et c'est très mal passé. Pour mémoire l'Armée c'est tout de même le premier acheteur public (Thales, Dassault-qui soutient vivement Sarko ! -, EADS, GIAT -et ses syndicats- et toute l'industrie, la recherche -vitale!- seront soucieux de voir le programme militaire de chaque candidat), le premier recruteur de l'Etat (à tort d'ailleurs : on a une armée de façade et de type croix-rouge qui n'a pas assez de munitions, où les soldats de la marine sont sur terre faute de bâtiment, on a pas assez de Leclerc, qu'un seul Porte-Avion, des Rafale sous-équipés, des taux de disponibilité dignes de la SNCF en période de grève, des coûts d'entretien ahurissants... etc) et un nombre tout sauf négligeable de soldats (qui sont majeurs et votent eux !) et comme j'ai dit un nombre important d'entreprises qui gravitent autour. J'ai conscience du climat géopolitique mondial etc et qu'il serait imprudent de se prononcer définitivement sur un programme militaire. Mais, il est clair qu'il faut envoyer des signaux, comme par exemple, dire que NS poursuivra au minimum l'effort de défense voire plus et qu'il préservera l'indépendance fr du fait de notre savoir-faire, du danger de s'affilier aux US (cf le JSF avec les UK, les transferts de technologie, les risques de virus dans les programmes, obligation d'acheter des pièces, missiles US avec le N°1 mondial fr tenu par Lahoud -le frère de l'informaticien au lourd casier- et appartenant à EADS ça serait ridicule...)
Pour moi l'Armée est un cas d'étude pour Sarkozy : MAM a fait du très bon boulot mais il y a encore énormèment de travail. L'Armée est à réformer, elle est en sureffectif et en sous-équipement. Les israeliens ou les finlandais avec des budgets 3 à 4 fois moindre nous mettraient sérieusement en difficulté. Si on continue ainsi, nous aurons une puissance de feu digne du Luxembourg en période de paix. Or, la France se doit d'avoir tout de même un certain charisme international, elle a un siège au conseil de l'ONU... De plus, l'enjeu est alléchant : à budget égal, les crédits répartis à l'optimum (notamment en R&D), on peut avoir une armée qui fasse retourner au néolithique des pays comme la Chine, l'Inde etc soit tous les pays sauf les US et l'UK et l'Allemagne. Pour cela, il faudra se passer de nos 125 musiciens (de mémoire), de nos effectifs médicaux hors-norme (à quand les combats avec des défibrillateurs), de bon nombre d'actives pour plus de réservistes (comme Israel, USA, UK... on a pas besoin de pros pour assurer les lignes de ravitaillement, des réservistes entraînés correctement suffisent amplement et couteraient beaucoup moins chers : 70 000 hommes remplacés par 70 000 réservistes = 170 MILLIARD d'€ sur trente ans soit le prix d’achat de 68 Porte-avions du type de celui que Chirac a promis avec les UK ou 212 Sous-Marins Nucléaires d'Attaque ou 20 000 chars Leclercs ou 3100 Rafales... Ahurissant mais véridict.)... Bref un cas taillé sur mesure pour Sarkozy : il faut une réforme et une refonte du système pour sortir des situations aberrantes qu'on trouve dans l'Armée.
Bref, c'est l'exemple typique de sujet où Sarkozy pourrait briller, corriger son image, renforcer sa stature de présidentiable... Cet exemple de la Défense est bien entendu une carte trop importante pour la jouer à un an des élections, mais je suis convaincu qu'il existe d'autres thèmes où la situation est critique voire abracadabrantesque et où Sarkozy pourra proposer... Comme la Santé par exemple qui arrive ! Mais proposons !
Au sujet des conventions, mis à part la Santé, quels sont les thèmes prévus jusqu'aux présidentielles?
Ecrit par : regis | lundi, 05 juin 2006
Bonsoir Mr Devedjian !
je trouve segolene royal très bien, c'est une femme intélligente et très habile dans sa campagne, malgré toutes les attaques que ses collègues socialistes et autres tendances, attaques que je trouve très primaire et de bas étage elle a l'intelligence de ne pas répondre. on lui reproche de ne pas dévoiler son programme, elle le fera en temps et en heure, j'estime qu'elle autant de chances que Mr sarkozy pour les présidentielles de 2007, peut-être que ça embête tous ces messieurs qu'une femme soit à leur niveau, réflexe macho !
Pourquoi une femme présidente de la république !
qu'en pensez vous !
cordialement !
Ecrit par : sylvie bernasconi | lundi, 05 juin 2006
PRESIDENT de la République !
"
Que les hommes aient, en outre, depuis plus longtemps que les femmes, occupé les fonctions de directeur ou de Premier ministre ne fonde aucun droit. Si les substantifs désignant ces fonctions sont en général du masculin, c'est parce qu'ils visent non les individus qui les occupent, mais le rôle social qu'ils jouent, lequel ne dépend pas du sexe de leur titulaire.
Il est même possible de soutenir que la promotion féminine à ces fonctions, que les Latins nommaient au neutre (officia), a été facilitée par la grammaire française au moment même où elle était contrariée dans la réalité par des préjugés sociaux qui n'avaient rien de grammatical. Les fonctions sont précisément indifférentes au sexe de leur titulaire. Cela garantit la séparation stricte des sphères publique et privée parce que la différence sexuelle, voire le comportement sexuel, ne sauraient, et ne devraient jamais, constituer des critères pour apprécier la manière dont un individu remplit ces fonctions. Rompre avec cette indifférence et altérer cette impersonnalité, c'est enlever au jugement public une partie de son impartialité et se livrer à une lecture doctrinale de la grammaire.
En revanche, il est également vrai que la capacité du masculin à neutraliser les genres, de par les lois du pluriel, fait du genre féminin un genre marqué dont l'emploi institue entre les sexes une distinction et met alors en valeur la différence sexuée. Le féminin ne peut pas être considéré comme un genre non marqué au même titre que le masculin, précisément parce qu'il a son genre à lui, le masculin partageant le sien avec le neutre en raison de l'héritage latin.
"
Pour les féministes en herbe, je soulignerai ce paragraphe :
" La féminisation, autrefois aisée, serait désormais empêchée par des blocages sociologiques bien davantage que par des contraintes linguistiques. Il suffirait ainsi de refaire à présent ce qui se pratiquait couramment hier. L'argument est surprenant car il postule que la créativité du vocabulaire est un signe de la libération des femmes et, par voie de conséquence, que la condition de ces dernières au Moyen Âge était plus enviable qu'aujourd'hui." (sic)
(cliquer sur mon nom pour lire le rapport en entier)
Ne serait-ce que d'un point de vue grammaticale, il serait donc trop dangereux de laisser Mme Hollande aller à l'Elysée :)
Quant à son intelligence présumée, elle équivaut au sens de la réforme et au socle idéologique de Chirac... Je vous en laisse déduire la consistance.
En revanche, tout comme Chirac, son sens stratégique est effectivement réel.
Ecrit par : regis | lundi, 05 juin 2006
Entièrement d'accord avec toi, Sylvie.
Les critiques que je lis à propos de Ségolène relèvent du caniveau. On y parle soit de sa relation avec son mari, ou de son tailleur.
Pas un mot sur ses idées.
Rassurons nous : le pire ennemi de Sarkozy s'appelle Chirac, et il n'est pas impossible que le président appelle à voter Ségolène pour faire barrage à Nicolas, comme en 1981 ou il voulait barrer la route à Giscard.
Christelle
Ecrit par : Christelle | lundi, 05 juin 2006
Christelle, pour savoir, en quoi Sylvie a-t-elle parlé des idées de Mme Hollande ? A côté de quoi suis-je passé?
Elle nous dit que Mme Hollande est d'une intelligence hors-norme... quelles sont ses idées? en quoi est-ce argumenté ? ne serait-ce pas plutôt de la propagande primaire?
Quant aux tailleurs de Mme Hollande, je les trouve très beaux : ça fais très force tranquille de droite
Raffarin a dit que Royal n'est pas maladroite... je dirai même qu'elle est adroite :)
Ecrit par : regis | lundi, 05 juin 2006
Entre Sarkozy et Ségolène, il faudra aussi - et surtout - comparer l'efficacité de leurs propositions. Par exemple, est-ce que les idées de Ségolène Royal sur la délinquance des jeunes sont bonnes ? Je crois qu'il faut se poser deux questions (alors qu’on se focalise souvent sur la première) : 1) est-ce que ce type de punition réduira la récidive de ceux qui la subiront, et 2) est-ce que des jeunes potentiellement tentés par la délinquance seront dissuadés de passer à l’acte de peur de subir cette sanction « militaire » ? Pas facile à dire. L’expérience des « boot-camp » (qui sont, il est vrai, beaucoup plus sévères que ce que semble proposer Ségolène) aux Etats-Unis suggère que la récidive tend à stagner ou même augmenter légèrement après un passage dans ce type de structure ! Toutefois, il ne faut pas oublier que ces camps ont également un effet intimidant potentiellement puissant. Au total, l’effet global est difficile à prévoir. Pour plus d’info sur ces questions, http://utilitariste.canalblog.com
Ecrit par : Xavier | lundi, 05 juin 2006
L'Armée n'a pas vocation à servir de garderie des banlieues. Ca me rappelle De Villiers, hystérique, qui préconisait l'intervention de l'Armée dans les banlieues... Les expériences dans l'Armée (je parle en fr) de prendre des "jeunes en difficulté" sont tout sauf encourageantes. C'est une solution qui en réalité n'en est pas une.
Je rappelle que la vraie prévention, c'est, comme l'a dit NS, "la certitude que la sanction tombera" et la vraie solution c'est une économie ouverte et dynamique et non une économie foireuse. A titre de rappel, les premières émeutes ont eu lieu sous.............. Mitterrand.
Le propre des banlieues c'est d'avoir une population jeune et pauvre. Donc, ce sont essentiellement des gens qui ont la "niac" et qui ont envie de s'en sortir. Le système d'éducation nationale, notamment avec les cartes scolaires véritable organisation étatisée de la reproduction sociale (ça fera plaisir à nos amis gauchistes de citer Bourdieu), sont éminemment génératrices de frustration.
Le système économique français fermé où il faut attendre 30ans pour avoir un CDI est une machine à créer de la frustration chez.............les jeunes (pauvres en option) et les pauvres, soient les populations de banlieue.
Les banlieusards ne veulent pas des nouveaux HLM, d'une prime de Noël pour les RMIstes (c'est quand même ahurissant, cette idée de prime de Noël) ou autres solutions de ce genre qui sont des échecs depuis 20ans mais auxquelles les socialistes sont attachées.
Les exemples de la musique et le sport sont significatifs. Ce sont des secteurs où par définition il n'y a pas besoin d'avoir de diplome ou de pistons (quoique pour la musique). La seule volonté individuelle, le seul mérite payent dans ces domaines. Or, on remarque que les banlieusards brillent particulièrement dans ces domaines. Il faut donc que l'économie et l'éducation adoptent ces référentiels : travail et mérite. Les ambitieux et ceux qui veulent s'en sortir ne seront pas déçus, contrairement à notre système actuel post-soviétique. L'assistanat a montré ses limites, il serait temps d'en prendre conscience.
Ecrit par : regis | lundi, 05 juin 2006
De toutes façons,vous faites tous fausse route.
JOSPIN va sortir de son terrier le moment voulu,puis faire son numéro "d'homme d'état expérimenté ,mais trop confiant,mais qu'il a appris depuis,etc,etc..." devant les militants socialistes.
S.ROYAL,en ratissant large, prépare le tour de chauffe de son patron LIONEL qui la proposera Premier Ministre,car elle n'a pas les épaules suffisamment solides pour aller au delà de cette fonction;de plus en France,il ne peut pas y avoir de femme présidente,nous sommes un peu des latins quelque part...
Les paris sont ouverts !
Ecrit par : hifi | lundi, 05 juin 2006
Comme vous dites Madame Royal et Monsieur Sarkozy représentent une nouvelle génération... pour autant le sont-ils vraiment? Cela fait des années qu'ils sont en politique et j'ai un peu tendance à voir dans leurs pratiques des habitudes de la politique à l'ancienne...
A.
Ecrit par : Adrienhb | lundi, 05 juin 2006
GDF SUEZ, un ministre répond aux syndicats.
Extraits :
"Pourquoi remettre en cause les engagements d’août 2004 ?
Depuis 2004, le monde de l’énergie a changé. Nous devons faire face à un triple défi :
(i) la quasidisparition des surcapacités de production en matière d’hydrocarbures, qui a conduit à une forte hausse des prix,
(ii) le renforcement de l’enjeu géostratégique lié à la sécurité d’approvisionnement en gaz de l’Europe,
(iii) le mouvement considérable de consolidation des acteurs européens de l’énergie, notamment pour pouvoir faire face à ces deux enjeux.
Les acteurs majeurs de l’énergie de demain sont en train de se constituer. Cette évolution est beaucoup plus rapide que ce qui pouvait être envisagé il y a encore quelques mois, et les décisions
importantes ne peuvent attendre si nous voulons conforter notre indépendance énergétique. SUEZ et Gaz de France sont des acteurs performants et respectés sur leurs marchés, mais restent de
taille moyenne à l’échelle mondiale. Ces groupes ne veulent pas subir les évolutions actuelles, mais veulent en être des acteurs dynamiques et maîtres de leur destin. "
---------------------------------
APRES UN TEL EXPOSE et compte tenu de qui a scelle la loi sur l'ouverture du capital de GDF, une question se pose :
Quand on n'est pas capable de prévoir l'avenir d'un marché de l'energie a moins de 2 ans est on en capacité pour diriger un pays pour 5 ans ?
Ou
Quand on jurer le coeur sur la main que l'on ne passait pas la barre des 70% et que son parti au gouvernement , auqeul on participe se dedit, doit faire des excuses publiques ou s'annoncer comme un digne successeur ?
Ecrit par : Eric | lundi, 05 juin 2006
Pour le reste des reponses
c'est ici :
"http://www.lesechos.fr/info/medias/200076715.pdf'
PARCE QUE CA C'EST BCP PLUS IMPORTANT QUE GUY DRUT
Ecrit par : Eric | lundi, 05 juin 2006
Christelle,
Allez voir un peu sur les blogs des banlieues, vous constaterez qu'elle n'y est pas aussi bien accueillie qu'on pourrait le penser..
Ecrit par : Christian BOIS | lundi, 05 juin 2006
Dès le début du sujet SARKO/SEGO j'ai dit que c'était pipeau.HIFI le confirme également.
Les récentes positions de Ségolène confirment la préparation du terrain pour le beau ténébreux de CINTEGAMELLE qui se présentera comme le grand réconciliateur d'un parti divisé par les idées voulues développées par la muse de François.
Nous aurions alors un duel SARKO/JOJO sur des idées bien à gauche et bien à droite.
Il ne vous aura pas échappé que le leader de droite ratisse maintenant à gauche.....appelons le au calme car il va se brûler à vouloir draguer les mamans des sans papiers.
Pour l'encadrement des voyous par l'armée, je suis personnellement pour ainsi que pour le service militaire qui devrait être rétabli.
Un peu de discipline n'a jamais fait de mal à personne.Ce pays tourne au rytme des émeutes et de la corruption préparant ainsi le plumard de Jeannot the pen ou de sa fifille.
Bien sûr, il faut taper les grands chefs grouillots des multinationales qui s'en mettent plein les fouilles.S'il veulent s'expatrier, qu'ils le fassent, nous en trouverons de meilleurs à moitié prix.
C'est du populisme, je le sait...mais qui n'en fait pas aujourd'hui ? hein ?
Le SMIC à 1500 €, la renationalisation d'EDF/GDF , l'augmentation des impôts,la régularisation des sans papiers, la création du CFCM, ....j'en passe !! c'es pas du populisme çà ?
Nous avons de grands leaders populistes alors profitons en ....
Ecrit par : laporte | mardi, 06 juin 2006
L'hypothèse Jojo derrière Ségo Hollande est séduisante sur le papier, mais fait fi de l'égo et de l'ambition des politiques de cette catégorie. Penser que Madame Hollande ferait la course en tête puis se sacrifierait pour le "vieux sage" ex trotskyste me parait un peu irréaliste. Mais bon, supposons; et allons plus loin: Jojo a plus de carrure que Ségolène, mais son sectarisme et son manque total de charisme et son appartenance au sérail depuis des lustres en ferait un cheval de retour démodé face à NS. On le voit mal de plus présenter un "ticket" Jojo - Ségo (Pdt - PM).
Ecrit par : yves | mardi, 06 juin 2006
"JOSPIN va sortir de son terrier le moment voulu,puis faire son numéro "d'homme d'état expérimenté ,mais trop confiant,mais qu'il a appris depuis,etc,etc..." devant les militants socialistes." (paroles d'hifi)
Hypothèse à ne pas écarter,comme plausible...
Pour l'instant et depuis qu'il s'est mis en retrait de la vie politique française,il nous refait revivre de temps à autre,le film "Le passe-muraille" dans lequel excellait Bourvil(années cinquante).
Dans un scénario actualisé:des socialistes ont prévu de se réunir dans une salle,ils se croient entre eux et discutent et ,et,soudain une tête, celle de Jospin ,transperce et sort du mur derrière eux,écoute ,puis se retire et le mur se retrouve intact!
Quant à Ségolène,"la candidate socialiste préférée des français dans les sondages" ,ceux qui n'ont pas encore compris sa stratégie doivent se reporter à cette déclaration qu'elle avait faite le lundi 20 mai 2002 (bien 2002) lors du Grand Jury RTL - LCI - "Le Monde",à propos du programme socialiste de 2002.
"Ce projet est plus à gauche et je pense que c'est une bonne chose. Si le projet politique, ça consiste à prendre en compte l'émergence de problèmes, soit nouveaux, soit plus visibles qu'ils ne l'ont été, et de les résoudre, alors, oui, les socialistes doivent être plus à gauche"
Ecrit par : dab | mardi, 06 juin 2006
J'aimerais que l'on m'explique en quoi M. Sarkozy est un rénovateur ?
Je le trouve très dans le moule de l'homme politique, beau parleur, promettant moultes choses, lançant des projets sans en assurer le suivi.
Qu a t il concretement réalisé depuis qu'il est dans le "premier cercle" ?
De quels projets ou réformes achevés peut il se prévaloir ?
Que reste t il d'important pour le pays et la société de ses passages aux ministères de l'intérieur, de l'économie ?
M. Sarkosy est un faiseur de vent au même titre que les Fabius, Lang, strauss-Kahn et Jospin.
En réalité il serait urgent de laisser la place à de nouveaux hommes politiques au vrai sens du terme. Des gens qui auraient une vocztion pour leur pays et non pour leur ambition démesurée. Des gens hors du clivage gauche / droite obsolète. Des gens issus de la vie civile et non des fonctionnaires (comme plus de 85% des membres de l'assemblée nationale). Des gens ayant un contact avec la réalité.
Il faut réformer l'état tout le monde le dit mais tout le monde diffère la mise en oeuvre.
Il faut imposer un non cumul de mandat électif et limiter le renouvellement de mandat. Une limite fixée à 3 me semble un bon compromis.
Avant de vouloir créer des camps militaires pour "redresser" les jeunes, il faudrait peut être avoir un système éducatif à la hauteur et rappeler aux parents leurs responsabilités.
Le choix est ailleurs que dans le s"présidentiables" que l on essaie de nous vendre.
Et les militants de l'UMP, de l'UDF ou du PS feraient bien de s'en préoccuper, plutot que de dénigrer les propos de "l'adversaire". Surtout quand le candidat défendu ne propose rien de bien différent.
Que se soit Mme Royal ou M. Sarkosy ils n'ont rien de "p'tits nouveaux" dans le paysage politique.
L'avantage de Mme Royal est d'être une femme et c'est un atout majeur.
Ecrit par : fontaine | mardi, 06 juin 2006
http://www.lemonde.fr/web/infog/0,47- href="mailto:0@2">0@2-3224,54-772433@51-749161,0.html
(ou cliquer sur mon nom)
quand même, quand on voit leurs têtes et si on a un minimum d'honneur, on ne peut pas se faire battre par ces gens-là (comme disait Jacques).
Regardez le fils Hollande, il y a un savant dosage François-Ségolène qui ma foi est plutôt original.
J'aime beaucoup M. Dray et sa posture romantico-attendrissante sur la photo (Le Monde serait de gauche? Pour choisir cette photo il fallait avoir de la rancune envers M. Dray)
Quant à son ancien directeur de cab, on dirait qu'il a un casque soviétique de chef de char... ou une coiffure originale (qui a dit que les pattes étaient démodées?).
(Bon, c'est très facile je sais... mais d'un autre côté ça fait du bien)
Rien à voir avec Jeannette Bougrab ou Valérie Pécresse :)
Allez pour finir sur cette note de haut-vol, je m'en vais en citant Dominique le lyrique en visite en Finlande "moi j'aime j'adore le poisson seché" (pour tenter de rattraper une des nombreuses boulettes diplomatiques de Chirac sur la gastronomie finlandaise).
Ecrit par : regis | mardi, 06 juin 2006
"L'avantage de Mme Royal est d'être une femme et c'est un atout majeur."
Dans les sondages uniquement,pas dans les urnes.
Cf/ Marie France Garaud,Arlette Laguiller,Dominique Voynet,Christine Boutin,Corinne Lepage etc...
Ecrit par : dab | mardi, 06 juin 2006
"L'avantage de Mme Royal est d'être une femme et c'est un atout majeur."
"Dans les sondages uniquement,pas dans les urnes.
Cf/ Marie France Garaud,Arlette Laguiller,Dominique Voynet,Christine Boutin,Corinne Lepage etc...
"
Concernant Mme Garaud, les temps ont changé. pour le sautres, vous ne pouvez pas comparer Segolène Royal à ces personnes toutes respectables qu elles soient.
Il y aura de plus en plus de femmes à des postes de responsabilités en politique (et ailleurs) et c'est heureux....
Ecrit par : fontaine | mardi, 06 juin 2006
"pour le sautres, vous ne pouvez pas comparer Segolène Royal à ces personnes toutes respectables qu elles soient."
Ce qui compte en premier,dans l'isoloir, c'est d'abord le poids en pourcentage de suffrages obtenus aux élections par le parti sponsor de la candidate éventuelle.
Ecrit par : dab | mardi, 06 juin 2006
A Fontaine,
Dans votre commentaire,il y a du bon.Mais une petite dose d'utopie.
Quand vous parlez de vent,vous évoquez des noms de gens qui ont tenu le manche.
Tenir le manche ou le volant c'est autre chose que de se trouver à coté du conducteur et de formuler des critiques.
Pour conduire bien quatre éléments sont en jeu.L'habileté du conducteur,le code de la route,la circulation et la météo.
Le code de la route c'est le Conseil Constitutionnel ou le Conseil d'Etat,
La circulation,c’est l’opposition qui empêche d’avancer ou provoque des bouchons (motions de censure,amendements futiles …)
La météo c'est la rue,les grèves, la conjoncture internationale ou intérieure.
Pour la suite,je reviens sur un point de votre commentaire:
« En réalité il serait urgent de laisser la place à de nouveaux hommes politiques au vrai sens du terme. Des gens qui auraient une vocztion pour leur pays et non pour leur ambition démesurée. Des gens hors du clivage gauche / droite obsolète. Des gens issus de la vie civile et non des fonctionnaires (comme plus de 85% des membres de l'assemblée nationale). Des gens ayant un contact avec la réalité.
Il faut réformer l'état tout le monde le dit mais tout le monde diffère la mise en oeuvre. »
Nous sommes d’accord!
Mais un gros problème reste à résoudre.
Le voici.
Dans un sondage CSA pour France 3 France Info réalisé les 21 et 22 novembre 2001, 62% des Français souhaitaient un « candidat qui ne soit pas issu d’un parti politique » .
Combien avez-vous eu de candidats,quatre mois plus tard, en 2002 , répondant à ce profil?
Ecrit par : dab | mardi, 06 juin 2006
Ce que veulent les français et ce que la réalité impose, est aux antipodes.Vouloir un homme en dehors des partis est un rêve impossible et une réalité en dehors de toute réflexion tant soit peu sérieuse.
La machine à élections des partis assure une présence et une diffusion des idées sans pareille.Celui qui bénéficie de cette armada est sans conteste très avantagé.
Ségolène ne pourra rien sans le soutient de son parti,et c'est pour cette raison qu'elle va, peu à peu entrer dans le moule des idées les plus archaïques représentées par les troskystes du mouvement.(Dray, Mélenchon,Emmanuelli,Montebourg...) n'oublions pas,même s'il ne représente que l'ombre de lui même,le PC et une fraction de l'extrême gauche.Les idées actuelles exprimées par l'égérie du Poitou ne vont pas dans la stratégie de l'union des gauches et elle ne pourra compter sur les voies centristes qui refuseront le programme économique du PS/PC/VERT;
La donne à gauche devrait êtret un compromis mou qui,comme aux habitudes historiques,satisfait personne/toutlemonde.
Jospin est le mieux à même d'incarner cette non politique qui, finalement n'est pas rejetée par les français qui veulent que tout change sans modifier quoi que se soit.
Le sondage repris par dab confirme cette orientation.
La rupture, la France debout, demain le changement, la force tranquille, ....c'est du pipi de chat pour gogos...on a déjà donné et on va encore donner....
Les hommes nouveaux, les idées nouvelles, ...sont du domaine de l'incantation et n'ont aucune chance de se manifester parce qu'ils impliqueraient un changement assez radical pour être perçues positivement.
La France est un pays moyen avec des gens moyens,des politiques moyens et le tout sans beaucoup de moyens...alors restons où nous sommes, c'est à dire modestes et humbles.
Le grand jour ou viendra le grand homme avec des grandes idées, sera celui où nous l'aurons tous mérité.....
Ecrit par : laporte | mardi, 06 juin 2006
Achtung !
rien ne nous garantit que les deux seront encore à l'affiche au printemps prochain.
Sarko se ségolènise et Ségolène se Sarkoyse, ben oui !
Ou comment chacun fait on pour orienter les français et leur dire ce qu'ils veulent entendre, le tout pour servir sa propre cause ?
2 jeunes quinqua en manque de reconnaissance s'affrontent. Interessant.
Je partage totalement l'analyse de Laporte ( fais nous rire, Laporte, ça nous manque) sur la médiocrité de nos candidats.
Objectivement, le destin des français ne semble pas passionner nos deux stars de la télé.
Et j'imagine que quelques uns ou unes attendent en embuscade le faux pas de Ségo ou Sarko pour arriver tel un magicien, à l'UMP comme chez les socialos.
Bref, on n'est pas dans la m...e
Loquedu
Ecrit par : Loquedu | mardi, 06 juin 2006
HORS-SUJET QUE VOUS ME PARDONNEREZ :
M. Devedjian, faîtes tout votre possible pour que Marc Bloch soit au Panthéon !
Cf le Figaro Littéraire du 01/06 avec une prestigieuse liste de soutien.
Supplique à Monsieur le président de la République pour le transfert au Panthéon de Marc Bloch
LA MÉMOIRE du grand historien et du grand résistant que fut Marc Bloch (1886-1944) continue aujourd'hui à marquer notre réflexion et notre amour pour la France. Par son enseignement, par ses écrits, par le renouveau de l'histoire et le rayonnement qu'il a donné à cette discipline dans le monde entier, comme par ses actes et sa mort héroïques, celui qui reste aujourd'hui comme un modèle de citoyen, de soldat, d'intellectuel et de héros mérite de la France une reconnaissance particulière et une place choisie au Panthéon des gloires nationales.
Un héros, Marc Bloch le fut, à plusieurs reprises et pour ainsi dire naturellement. Le fondateur des Annales, avec Lucien Febvre, l'auteur de la Société féodale et des Rois thaumaturges, ainsi que des Caractères originaux de l'histoire rurale française, n'a jamais voulu se contenter d'une vie savante et retirée du monde. Il aimait ce propos de son maître, l'historien belge Henri Pirenne: «Si j'étais antiquaire, je n'aurais d'yeux que pour les vieilles choses. Mais je suis un historien, c'est pourquoi j'aime la vie.»
Marc Bloch aimait tellement la vie que son engagement d'historien, il le plaça toujours au service de sa patrie. Sa méthode même consistait à partir du temps présent pour mieux appréhender le passé. Il suivait en cela les conseils du grand Michelet qui disait: «Pour connaître le présent il faut d'abord s'en détourner.» S'en détourner, cela voulait dire pour Bloch agir dans le siècle.
Dès la première guerre mondiale, au 72e régiment d'infanterie, Marc Bloch se comporta en brave. Il obtint la Légion d'honneur à titre militaire, la Croix de guerre et quatre citations, soit une par an entre 1915 et 1918; il en obtiendra une autre en 1940. Ses états de service soulignent son «mépris du danger», sa «crânerie et [sa] froide résolution». Mais Marc Bloch a toujours voulu rester modeste: «Mes services de guerre 1914-1918 sont normaux.» Il avait le sens du simple devoir accompli ou, pour reprendre une expression de son supérieur, il exprimait un «humble héroïsme» qui est celui des meilleurs patriotes.
A aucun moment, alors que tant d'autres ont pu s'interroger sur le sens de ce combat furieux et sans fin, il n'a cessé de croire en son pays. En 1918, il ne se cachait pas d'avoir ressenti l'allégresse de la victoire. Car cet intellectuel n'a jamais été tenté par les sirènes pacifistes, même au plus fort des privations et des terribles corps à corps à la baïonnette, qui laissèrent tant de ses camarades sur le bord du fossé. Partageant avec eux ce que Jules Isaac appelait une «communauté de souffrances», pour lui, l'individu ne comptait pas devant le groupe et la nation. Qu'importe qu'un seul souffre, pensait-il, quand c'est le sort de la communauté nationale tout entière qui est en jeu. «Vous m'avez appris à mettre certaines choses au-dessus de la vie même», écrivait-il en 1915 à ses parents.
Il parlait là de la patrie, car il savait qu'il ne pouvait y avoir de démocratie sans communauté nationale. Elevé avec rigueur, il avait en son pays une foi dont notre époque mesure mal aujourd'hui la résonance.
Dans la lettre d'adieu qu'il avait rédigée en 1941, anticipant sur une possible capture, il déclarait: «Attaché à ma patrie par une tradition familiale déjà longue, nourri de son héritage spirituel et de son histoire, incapable en vérité d'en concevoir une autre où je puisse respirer à l'aise, je l'ai beaucoup aimé et servie de toutes mes forces».
Monsieur le président de la République, ce n'est pas seulement parce que Marc Bloch est certainement l'un des plus grands historiens français, celui dont le nom contribue, plus de soixante ans après sa mort, à assurer encore à l'étranger le renom de la recherche française, qu'il a sa place au Panthéon. Mais c'est parce que sa vie même de citoyen est exemplaire, une vie au service de la nation. Lorsqu'en 1940, après s'être trouvé confronté au «plus atroce effondrement de notre histoire», comme il l'écrira dans L'Etrange Défaite, cette analyse de l'effondrement de la France, écrite sur le vif avec une étonnante lucidité, Marc Bloch n'aura qu'une idée: résister.
Alors qu'il aurait pu gagner les Etats-Unis, il préféra rester en France après la débâcle et malgré le statut des juifs. Sa réputation internationale lui permit d'être «relevé de déchéance» en ce qui concerne son métier d'enseignant. Cela ne l'empêcha pas d'entrer en clandestinité, suivi par ses trois fils.
La résistance, qu'il effectua notamment sous le pseudonyme de Narbonne, constitue chez ce patriote le prolongement logique de sa vie passée. Le 29 décembre 1943, il affirmait sa détermination dans le combat et la Libération: «Tous ceux qui l'auront méritée ne verront pas la grande récompense. Elle n'en sera pas moins celle qu'ils ont souhaitée et préparée.» Appartenant au mouvement Franc-Tireur, il sera arrêté le 8 mars 1944, torturé et abattu dans un champ le 16 juin 1944.
Monsieur le président de la République, indéniablement, Marc Bloch laisse derrière lui l'image d'un patriote fervent, d'un républicain convaincu, mais avant tout d'un grand Français. Communiant avec le passé de son pays, il était pour ainsi dire en osmose avec lui. On connaît sa célèbre définition: «Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l'histoire de France: ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. Peu importe l'orientation de leurs préférences. Leur imperméabilité aux plus beaux jaillissements de l'enthousiasme collectif suffit à les condamner» (L'Etrange Défaite, p. 646).
Il avait compris la spécificité de la nation française, fondée sur l'histoire, la culture et la langue, et non sur quelque caractéristique raciale ou religieuse. Ce républicain était, par sa famille, de confession juive. Il ne s'en était jamais soucié jusqu'à ce que la législation antisémite de Vichy ne le lui rappelle. Il ne cessera d'affirmer que les «juifs sont des Français comme les autres». Il se défiait des réactions communautaristes: «Evitons de donner des armes à ceux qui voudraient nous cantonner dans n'importe quel ghetto» (Lettre du 2 avril 1941 à Jean Ullmo). En républicain scrupuleux, il refusait de se définir comme un Français «d'origine juive». «Je suis juif, disait-il, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n'en tire ni orgueil ni honte, étant, je l'espère, assez bon historien pour n'ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe». Et il ajoutait avec finesse: «Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas: en face d'un antisémite» (L'Etrange Défaite, p. 524).
Celui qui tombera en martyr sous les balles allemandes, après avoir été torturé, avait cru toute sa vie que la ligne de partage entre les hommes restait celle de la nationalité. Le fondement de son identité, comme de son engagement d'historien, était l'amour dans la France.
Monsieur le président de la République, n'est-il pas temps pour cette dernière de célébrer comme il le mérite la mémoire de ce fils qui lui fait honneur?
Maurice Agulhon, professeur honoraire au Collège de France
Stéphane Audoin-Rouzeau, directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales
Jean-Pierre Azema, professeur des universités
Annette Becker, professeur à l'université Paris X
André Burguière, directeur d'études à l'EHESS
Max Gallo, écrivain
Bronislaw Geremek, historien, membre du Parlement européen
Jacques Le Goff, ancien président de l'Ecole des hautes études en sciences sociales
Ran Halevi, directeur de recherches au CNRS (Centre Raymond-Aron)
Pierre Nora, de l'Académie française,
Mona Ozouf, directeur de recherches au CNRS (Centre Raymond-Aron)
René Rémond, de l'Académie française
Eric Roussel, historien
Je