lundi, 26 février 2007

LCI, invité par Christophe Barbier

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dimanche, 25 février 2007

Un tournant dans la campagne ?

C’est devenu le dernier poncif à la mode : quelques sondages et le microcosme qui pensait dans un sens penche de l’autre…

La campagne de l’élection présidentielle est en cours, les Français commencent tout juste à regarder avec attention les projets des candidats, leurs personnalités, leurs équipes. Ils savent qu’ils ont deux mois devant eux pour choisir le président qui va diriger le pays pendant cinq ans, que c’est important, que cela n’a peut-être jamais été aussi important.

La France ne va pas bien, sa croissance est molle, ses capacités d’innovation déclinent, elle s’endette pour garder son train de vie, elle perd de son influence. D’autres pays émergent avec vigueur et un désir immense de se développer : ils ne nous feront pas de cadeaux, ils pensent que nous avons eu notre temps et notre chance.

Quelle est la meilleure méthode pour s’adapter à cette mondialisation et préparer un avenir à nos enfants ?

Travailler plus comme le dit Nicolas Sarkozy à droite ou distribuer plus comme le propose Ségolène Royal à gauche ? Ou tenter la conciliation comme l’espère François Bayrou, en dépit de ce qui se passe en Italie ? Ou protester très fort contre tous ces incapables voire ces « pourris » en votant Le Pen ?

Si l’on excepte le quart des électeurs qui a déjà choisi son vote, la très grande majorité en est encore au stade de la réflexion. Le débat est ouvert, les propositions commencent seulement à être connues et comprises, les candidats se dévoilent, tout est encore possible.

Mais vouloir prédire l’avenir est une insulte à la démocratie, à la liberté et à l’intelligence.

La campagne électorale est encore devant nous : l’enjeu est fort, les candidats sont intéressants, ne nous laissons pas abrutir par des sondages qui n’éclairent que nos paresses !

dimanche, 18 février 2007

Bayrou : ni droite ni gauche ?

Je viens de voir François Bayrou sur M6.

Une grande raison de l’engouement qu’il suscite vient de son refus apparent du clivage droite/gauche.

C’est un rêve souvent caressé de croire que l’on peut rassembler tous les hommes et les femmes de « bonne volonté » pour faire avancer ensemble le pays. Cela ne s’est produit qu’à de rares occasions dans l’histoire : peut-être en 1958 derrière De Gaulle, qui avait un passé personnel exceptionnel.

Mais sinon, dans toutes les démocraties du monde, c’est l’alternance droite/gauche parce qu’elle permet un choix entre deux politiques et deux équipes, qui fonde une véritable liberté.

François Bayrou, s’il était élu Président, que ferait-il et avec qui ?

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samedi, 17 février 2007

« D’où je parle ? »

La décision de France 2 et de RTL de mettre Alain Duhamel « en congé » pendant la campagne présidentielle me fait réfléchir sur ce que nous attendons des journalistes.
Les analyses et l’intégrité intellectuelle d’Alain Duhamel sont évidentes pour tous ceux qui l’écoutent régulièrement. Ses convictions européennes et centristes n’étaient pas un mystère.
Son accord immédiat sur son retrait prouve sa parfaite honnêteté.
Mais au-delà de sa personne, dont beaucoup de journalistes peuvent s’inspirer, qu’attendons-nous des journalistes ?
La parfaite neutralité est impossible : chacun a ses idées, son parcours, ses préjugés, sa personnalité, ses goûts et ses couleurs.
La question est : est-il préférable de les cacher au mieux ou faut-il les dire, sans ostentation bien sûr, pour que le citoyen puisse faire la part des choses ?
Ensuite, pourquoi les seuls journalistes seraient-ils contraints à la réserve et pas les animateurs, alors qu’aujourd’hui il y a un joyeux mélange sur les télévisions entre émissions politiques et divertissements ? Diversité que les téléspectateurs apprécient plutôt : les unes et les autres attirent si l’on en croit les audiences… et les uns et les autres peuvent influencer.
Dans un pays comme la France où la démocratie est ancienne et les citoyens majeurs, je pense qu’il serait préférable de laisser afficher, sans ostentation je le répète, les sympathies des uns et des autres, qui sont d’ailleurs secret de Polichinelle pour la plupart des Français.

dimanche, 11 février 2007

Contrefaçons et évidences

En écoutant le discours de Ségolène Royal, j’ai été frappé par le nombre de ses propositions qui sont soit copiées sur le projet de l’UMP ou reprises des propositions de Nicolas Sarkozy, soit déjà existantes.

Par exemple elle propose l’accueil des enfants handicapés à l’école publique, ce qui est déjà dans la loi du 11 février 2005 sur le handicap et effectivement appliqué depuis ; elle veut que les régions se saisissent du logement étudiant, ce qui a été voté lors de la loi de décentralisation du 13 août 2004, (sauf si les intercommunalités s’en saisissent) ; ou encore, elle demande le soutien scolaire pour les jeunes des quartiers en difficulté : il est déjà quasiment généralisé par les villes et encore encouragé par les contrats de réussite éducative et de cohésion sociale de Borloo…

Peut-être aurait-elle dû fréquenter davantage l’Assemblée nationale.

dimanche, 04 février 2007

Justice : priorité à la carte judiciaire

Deux jours aux Entretiens de Saintes qui réunissent chaque année un grand nombre d’acteurs de la vie judiciaire pour réfléchir sur les problèmes de la justice et les évolutions en cours.
Le débat est parfois confus, souvent passionné, mais il y a là des gens qui ont une vraie passion pour la justice et qui y ont beaucoup réfléchi : magistrats, avocats, professeurs de droit, hommes politiques.
Tous veulent améliorer le fonctionnement de notre justice, si lente et si imparfaite, dénoncé à juste titre par la majorité des Français et souligné par la commission d’Outreau.
Mais beaucoup pensent que les réformes ne sont possibles et utiles que si l’on s’attaque d’abord à l’organisation même de la justice et en premier lieu à ce qu’on appelle « la carte judiciaire ».
La « carte judiciaire » c’est l’implantation des divers tribunaux dans notre pays ; c’est le plus souvent le produit de l’histoire, sans lien ni avec les évolutions démographiques ni avec les besoins : notre carte judiciaire conduit à une très grande dispersion des moyens (des cours d’appel surchargées et d’autres trop petites, des tribunaux multipliés dans certains départements, une absence de spécialisation pour les dossiers spécifiques comme la contrefaçon, etc.)
Toutes les tentatives de réformes de la carte judiciaire se sont jusqu’à maintenant heurtées à l’addition des conservatismes et des corporatismes, dissimulées derrière l’alibi de la proximité et de l’aménagement du territoire.
La droite et la gauche se sont longtemps renvoyé le « mistigris ». Pour la première fois, la gauche représentée par André Vallini et la droite représentée par moi-même, sommes d’accord pour considérer que c’est une priorité, et que le camp qui perdrait devrait soutenir celui qui aurait gagné à réaliser cette réforme en priorité.
Bien entendu, nous gardons nos différences, qui sont importantes : ainsi la gauche soutient l’autonomie du parquet (c’est-à-dire l’indépendance des procureurs par rapport au gouvernement), alors que la droite estime que le gouvernement a la responsabilité de la politique pénale, donc de sa mise en œuvre par les procureurs.
Mais voilà un grand pas qui montre que les hommes politiques peuvent s’élever au-dessus de leurs intérêts partisans et qui fait croire en la démocratie.

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