samedi, 03 mars 2007

Comment sauver Airbus ?

La vraie question est là : Airbus est soumis à une concurrence mondiale forte, celle de Boeing, et doit vendre des avions à des acheteurs exigeants. L’aéronautique est un marché d’avenir dans le monde ouvert dans lequel nous vivons, nous avons un atout formidable avec Airbus, il ne faut pas le perdre.

Boeing a connu de graves difficultés il y a tout juste quelques années et vient à peine de s’en sortir. Celles d’Airbus qui succèdent peuvent aussi trouver des solutions à condition que l’on ne s’arrête pas aux réponses toutes faites et démagogiques sur le rôle absolu de l’Etat ou des régions.


Le plan de Louis Gallois est le meilleur que l’on puisse avoir dans les conditions actuelles : d’abord il n’y aura aucun licenciement sec, ce qui est essentiel.

Ensuite la campagne électorale empêche tout accord durable immédiat avec l’Allemagne, car le gouvernement allemand ne sait pas quel interlocuteur il aura dans trois mois.

Enfin les atermoiements et les erreurs de la direction précédente, la gouvernance comme on dit actuellement, ont rendu les mesures urgentes. Plus on tarde et plus ce sera difficile.

Mais le fond du problème c’est qu’il faut trouver à Airbus de vrais partenaires industriels européens. Une des pistes, mais pas la seule, c’est l’adossement de l’aéronautique civile sur l’aéronautique militaire, comme le fait Boeing. Les dépenses de recherche sont alors naturellement financées en partie par la puissance publique.

C’est un peu plus durable que la participation des Lander ou des Régions françaises qui vont encore compliquer le management et qui ne peuvent pas apporter grand-chose comme capitaux : mais pour 1 ou 2 % du capital, ces collectivités auront le droit à la parole pour une logique qui n’est pas celle de l’avenir de l’industrie mais d’abord une logique sociale et médiatique.

Une piste est de faire entrer dans le tour de table du capital les industriels de l’aéronautique, y compris certains gros sous-traitants. La logique industrielle et la cohérence des productions doivent prévaloir sur les compromis politiques précaires et coûteux.

Louis Gallois a les qualités humaines pour mettre en œuvre ce plan de redressement, il faut que les gouvernements, et au premier chef ceux de la France et de l’Allemagne, s’engagent pour donner à Airbus les moyens de son développement et trouvent les partenaires industriels européens capables de s’accorder sur un leadership unique pour relancer l’aéronautique européenne et empêcher le monopole américain de s’installer, ce qui serait néfaste pour toute la planète.

Commentaires

Afin de vous épargner la tâche de cliquer sur un lien vers mon site, voici l'intégralité de la réaction que cette affaire m'a inspirée :

AIRBUS CACA

J’emprunte au créole haïtien ce qualificatif (qui m’avait fait beaucoup rire il y a trois ans, quand des tags « Aristide Caca » fleurissaient sur les murs de Port-au-Prince) pour qualifier ce qui a constitué l’icône des eurolâtres il y a deux ans, en pleine campagne pour le référendum sur la constitution européenne.

Je m’attachais à cette époque à expliquer qu’Airbus n’avait pas grand-chose à voir avec la construction institutionnelle de l’Europe et que cette entreprise était même l’antithèse du projet fédéraliste de la convention dirigée par le cacochyme Giscard.

Nous en avons aujourd’hui la preuve éclatante. L’Allemagne, enfant modèle de l’UE toujours prompte à donner des leçons d’européisme discipliné à son turbulent voisin français d’outre-Rhin vient de donner une magistrale leçon de défense de l’intérêt national.

Et nos « gouvernants », tout occupés à la campagne électorale et à la repentance pour le NON français de 2005 ont accepté le diktat teuton plus facilement que le Parlement avait accepté la défaite de la France en 40…

Cette affaire conforte mon scepticisme sur le fonctionnement du capitalisme mondialisé et mon aversion pour une Europe qui ne peut se construire que contre l’intérêt des peuples qui la composent.

Bravo à Stéphane pour son compte-rendu de cette triste affaire (http://avenirdufutur.hautetfort.com/archive/2007/03/02/airbus-ou-le-crash-de-l’avion-europeen.html)

Ecrit par : phiconvers | samedi, 03 mars 2007

Si vous voulez sauver AIRBUS, laissez donc cette société vivre normalement.

Les difficultés de cette entreprises viennent principalement de ses contraintes "politiques" génératrices d'un management bicéphal source perpetuelle de conflits.

Les positions de S.Royal et F.Bayrou sont purement démagogiques car elles ne feront qu'accroître encore les difficultés de prises de décisions.

Si les régions françaises comme les Landers allemands viennent encore compliquer la tâche de L.Gallois, je ne donne pas cher de la peau de cette belle affaire au delà des cinq années de son carnet de commande actuel. Les pertes prévisibles seront plus abyssales que celles du Crédit Lyonnais.

Il faut avoir le courage de redresser la bare tant qu'il en est encore temps et laisser les Industriels faire leur boulot d'industriels.

Chaque fois que les politiques se mêlent d'industrie cela complique les choses et conduit le plus souvent au désastre.

Il faut faire le MAXIMUM pour aider Airbus et permettre son redéploiement en trouvant des solutions de reclassement pour les salariés concernés.

Que les régions s'investissent ( bien que je ne pense pas qu'elles aient vocation à manager des entreprises ) ou plutôt favorisent la venue d'autres investisseurs dans les sites concernés dans un partenariat industriel avec Airbus . Mais qu'elles ne viennent pas encore embrouiller un peu plus le management d'Airbus.

Ecrit par : frances | samedi, 03 mars 2007

A lire Absolument dans "Le Monde" du 03.03

E.Le Boucher : Airbus, l'envol des bêtises.

Ecrit par : frances | samedi, 03 mars 2007

TOC, TOc, TOC....; Besoin de capitaux ??????

Comme c'est etrange, ces dernier temps , impasse totale sur les evenements de la fin 2006. PETITS RAPPELS

2006-09-11 FRANCFORT (AFP)

"La banque publique russe Vnechtorgbank a assouvi son ambition de devenir un actionnaire de poids dans EADS, dont elle détient désormais officiellement un peu plus de 5%, une arrivée qui ne devrait néanmoins pas remettre en cause l'équilibre franco-allemand"
"La banque est ainsi le troisième actionnaire publique à posséder plus de 5% du capital du géant européen de l'aéronautique et de la défense, après la France, 15% via le holding Sogeade, et l'Espagne, 5,5% via le holding Sepi
(qui souhaite grimper à 10%).

"Fin août, le quotidien économique Vedomosti avait assuré que Vnechtorgbank n'entendait pas revendre son paquet de titres, acquis pour environ 1 milliard de dollars, mais bien l'utiliser afin PARTICIPER A LA GESTION du groupe européen. Selon des informations ayant filtré dans la presse française et allemande, EADS aurait en fait permis à la banque d'entrer à son capital en échange d'une participation à la Compagnie aéronautique unifiée, dont l'objectif est de consolider l'essentiel de l'industrie aéronautique russe civile et militaire."
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LONDRES, 13 sept 2006 (AFP)

"Mike Turner, le directeur général du groupe d'aéronautique et de défense BAE Systems qui va vendre ses 20% dans Airbus, a estimé mercredi que l'avionneur européen fait face "à de très gros défis" sur les trois ou quatre prochaines années, et pourrait avoir à demander l'aide de ses actionnaires."

"Les principaux actionnaires d'EADS sont actuellement l'Allemand DaimlerChrysler (qui en poss ède 22,32% après s'être désengagé à hauteur de 7,5%), l'Etat français (15%), le groupe français Lagardère (15% dont 7,5% en cours de cession d'ici 2007), l'Espagne (qui entend porter à 10% son actuelle participation de 5,5%) et la banque publique russe Vnechtorgbank (VTB) (un peu plus de 5%)."


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Le Monde 22/09/06

"acques Chirac a qualifié, vendredi 22 septembre, les relations entre la France et la Russie d '"excellentes, à tous égards". Il recevait à l'Elysée, pour un dîner, son homologue russe, Vladimir Poutine, qui effectue une visite en France de deux jours, avec comme point d'orgue un sommet tripartite franco-germano-russe, samedi 23 septembre,auquel doit participer la chancelière allemande, Angela Merkel, dans le château de Compiègne."

"Sans surprise, l'Elysée est resté très discret, vendredi, sur un sujet de frictions potentielles avec le Kremlin : l'entrée de la banque publique russe Vnechtorgbank dans le capital d'EADS. Interrog é par la presse sur les circonstances qui ont présidé à cette percée russe dans le fleuron de l'industrie européenne de l'aéronautique et de la défense, le porte-parole de l'Elysée, Jérôme Bonnafont, a reconnu que pareille éventualité n'avait jamais été évoquée, par le passé, entre MM.Chirac et Poutine. Le président russe avait pris soin de masquer ses intentions."

"M. Chirac entend conserver une approche conciliante à l'égard de Moscou, qui tranche avec les tensions que connaissent les relations entre l'administration Bush et le Kremlin. Jamais, souligne -t-on à Paris, la position de la Russie sur la question du dossier nucléaire iranien n'a été aussi proche de celle de la France. Vladimir Poutine a reçu, vendredi, les insignes de Grand-Croix de la LEGION D'HONNEUR des mains de M. Chirac, qui a salué sa contribution à l'amitié franco-russe."


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A PART CA , PAS UN MOT SUR LES ENVIES RUSSES SUR EADS ET DONC SUR AIRBUS.

Ecrit par : Eric | dimanche, 04 mars 2007

Faut il CROIRE ALAIN MINC ?

Dans son emission "moi ,-moi", Alain Minc a précisé que les problemes de cablages electriques de l'A380 , source des retards de mise en service du gros porteur et des pertes liées aux penalités a versées aux clients , seraient ALLEMANDES.

L'etude du cablage aurait été traité en allemagne ?

QUOI ? Et on se garderait de ne pas mettre la pointe la ou ca fait mal ?

OU sont les adeptes de l'auto-flagellation permanente et de la comparaison illustrative continuelle .?

QUOI LES ALLEMANDS se seraient plantés ?

Les champions de l'exportation auraient aussi des capacités à participer a un plantage industriel ?

Et les autoflagellateurs ne seraient pas au courant ?

Faut il infirmer les propos d'Alain Minc ?

Ecrit par : Eric | dimanche, 04 mars 2007

AIRBUS - les britanniques toujours pret !!!!

Le jour de l'inaugration de l'A380, tony blair faisait un tres joli discours qui resonnait tres raccord dans un période de referendum constitutionnel. Ridicule de la situation , les anglais étaient les seuls présents sur le tarmac a n'avoir pas encore commandé d'A380 contrairement aux francais et aux allemands .

Et on notera encore une fois , les departs du bateau et du capital de la société britannique BAE Systems.


ET OUI C'EST CA L'EUROPE !!!!


La bourse de Londres et Euronext qui fusionnent chacune de leur cote avec une bourse americaine.la bourse allemande qui reste dans son coin.

Le parfait developpement européen en somme .....

Parlez nous d'Europe en panne ! Sortez nous votre carte ridicule de la responsabilité du NON .......

OU EST L'EUROPE LA DEDANS .


Dans un mimi traité voté par le parlement ? Surement pas !!!!

Ecrit par : Eric | dimanche, 04 mars 2007

DE MIEUX EN MIEUX . Des Regions qui posent des questions en tout cas .

"Ces présidents de Région souhaitent qu'à l'occasion de cette réunion Dominique de Villepin indique "le rôle que l'Etat doit jouer pour préserver l'emploi et l'avenir de cette filière stratégique, y compris en ce qui concerne l'évolution du capital d'EADS, auquel les régions pourraient être intéressées". "

"Il est vrai que les huit élus ont plus que raison de s'inquiéter de l'actionnariat d'EADS. N'oublions pas que le Qatar s'avoue intéressé par une entrée dans le capital du constructeur tandis que la Russie y possède déjà une part qu'il compte bien augmenter. Mais fait plus inquiétant, la presse russe rappelle d'entrée à ce sujet que le Qatar et la Russie pourraient créer prochainement une Opep du gaz... et que donc les deux pays ont des projets commun au delà de la création du cartel gazier. Imaginez le pouvoir que pourrait avoir une telle structure réunissant Qatar et Russie si les deux gouvernements arrivaient à obtenir à eux deux une part de blocage dans le capital d'Airbus ... l'Union Européenne étant fortement dépendante de ses approvisionnements en gaz russe, comme nous l'avons vu récemment lors du conflit avec la Biélorussie."

http://www.leblogfinance.com/2007/03/airbus_les_prsi.html

DES FOIS QUE LE CANDIDAT AURAIT DES CHOSES A DIRE AUX SALARIES d'AIRBUS.

Ecrit par : Eric | dimanche, 04 mars 2007

Ce message s’adresse à F.Bayrou ou à l’un de ses partisans.

N’ayant pu trouver un quelconque blog UDF où l’on puisse débattre librement et simplement, j’ai choisi celui de Mr Devedjan en espérant y obtenir des réponses à mes interrogations :

1/ Sur TF1 Mr Bayrou a justifié sa position par le fait que ni S.Royal, ni N.Sarkosy qui ne représentaient , selon lui, que 25% des suffrages, au 1er Tour, pour chacun d’entre eux , n’avait de ce fait, la légitimité nécessaire pour diriger le Pays.

Ma Question : en quoi, les 19, 20 voir 25% des suffrages qui se porteront sur Mr Bayrou au 1er tour, lui donneront-ils une plus grande légitimité ?

2/ Lors des précédentes législatives, j’ai voté pour un candidat UDF qui se réclamait de la majorité à laquelle j’appartiens. Depuis, ce député s’est dissocié de cette majorité sans l’assentiment de ses électeurs. N’est-ce pas là une rupture de contrat.

3/ Mr Bayrou dit vouloir libérer le pays de l’hégémonie d’un parti dominant.

Ma question : l’émergence d’un nouveau parti démocrate ( en quoi serait-il différent de l’UDF ) ne sera-t-il pas un nouveau parti dominant.
« Grand-mère, pourquoi as-tu de grandes dents ….c’est pour mieux te manger ! » N’est-il pas en train de nous refaire le coup du Petit Chaperon Rouge ?

Ecrit par : frances | dimanche, 04 mars 2007

En premier le choix de louis gallois me semble une bonne idée...Partout ou il est passé il à plutot bien geré...

En deux le choix des régions developpé par ségolène royal...Pour aider et stabiliser l'actionnariat d'airbus....N'est pas une mauvaise idée....Et c'est nullement une idée marxiste(comme on le sous entends parfois) en Allemagne(qui n'est pas marxiste) les landers interviennent.....Voila...

Ensuite il faut une vrai cohérence et une vrai vision à long terme(avec nos partenaires européens)...

Ecrit par : alex | dimanche, 04 mars 2007

Et c'est parti comme en 40, Erix balance 4 posts consécutifs. José Bové, où est donc ta faux ?

Ecrit par : phiconvers | dimanche, 04 mars 2007

Les problèmes d'Airbus tiennent essentiellement au fait que,dans l'euphorie du développement des commandes,on a (Forgeard)embauché à tout va principalement dans les spécialités administratives et en créant également des structures de commandement redondantes.On ajoute aussi les salaires exagérés des cadres et autres productifs pouvant aller jusqu'à 6000 euros et au delà !
Le réajustement actuel est une preuve de ce qui précède.En réalité,on pouvait faire mieux avec moins de personnel et moins de hiérarchie....
Le management de Forgeard (ou l'absence de management) à été du niveau d'une école de commerce de seconde...le responsable c'est lui.Aujourd'hui il faut payer son incurie....
Le parallèle présenté par Devedjian,avec les USA est tout a fait significatif de ce qu'il aurait fallu faire : c'est à dire grouper des activités militaires dans l'ensemble EADS/Airbus afin de bénéficier des commandes de l'Etat (plutôt que des subventions) ainsi que des apports technologiques des armements militaires de haut niveau et de l'excellence en matière de construction et de recherches.Les Etats Unis l'ont compris depuis longtemps...mais nous on narguait en dénonçant les subventions alors qu'il s'agissait d'apporter de l'emploi et de la plue value en matière technologique...Ah oui mais nous,les USA on préfère les critiquer....

Ecrit par : LAPORTE | lundi, 05 mars 2007

M. Devedjian, vous avez parfaitement raison d'évoquer les erreurs de la direction d'Airbus précédente. Ne pensez-vous pas qu'il conviendrait de la sanctionner, de la même façon qu'il faudrait sanctionner tous les managers qui se sont trompés dans nos grandes entreprises, dans les mêmes proportions que celles de leurs immenses avantages, qui ne me choquent pas si et seulement si les risques encourus sont à la mesure des bénéfices offerts ?

Ecrit par : phiconvers | lundi, 05 mars 2007

je ne trouve pas que P Devedjian accable beaucoup la direction précédente. Que devient il ce brave N Forgeard ?
Pour savoir ce qu'il faut faire, il faut regarder le passé et ne pas continuer. Qui avait nommé Forgeard ? des ministres ? qui le surveillait, qui lui demandait des comptes ?
il faut croire qu'on ne lui en demandait pas beaucoup pour que tout d'un coup on soit à 10 000 licenciements. Qui émargeait au conseil d'administration ? et dans l'équipe de Forgeard, personne ne savait, personne de responsable ?
ce qui est choquant c'est encore une fois l'irresponsabilité face aux futurs chomeurs qui ont des petits salaires.

Ecrit par : Jérémy | lundi, 05 mars 2007

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