« 2007-11 | Page d'accueil | 2008-01 »
jeudi, 27 décembre 2007
Benazir Bhutto assassinée
Je salue avec une très grande émotion Benazir Bhutto qui vient d'être lâchement assassinée. C'était une femme courageuse, qui portait l'espoir de nombreux Pakistanais. Toute sa vie a été marquée par la tragédie : celle de sa famille comme celle de son pays.
La pendaison de son père en 1979 après le coup d'état militaire qui l'avait évincé du pouvoir, puis les années d'emprisonnement qu'elle avait subies, ne l'avaient pas détournée de l'action politique. Premier ministre du Pakistan à 35 ans, et première femme à occuper un tel poste dans ce pays, elle dut faire face aux accusations de corruption et aux dissidences violentes jusque dans sa propre famille.
Le Pakistan est un grand pays, en proie à de graves déchirements. Que les élections du 8 janvier prochain se déroulent dans ce climat de terrorisme et de violence est très inquiétant, la communauté internationale doit veiller avec la plus grande vigilance à ce que le peuple pakistanais choisisse librement ses représentants et le chemin de la paix. (photo AFP)
18:55 Publié dans Emotions | Lien permanent | Commentaires (117) | Envoyer cette note
dimanche, 23 décembre 2007
Julien Gracq vient de mourir
Julien Gracq était sans doute le plus grand écrivain français vivant.
Fuyant la gloire, la mode et les conformismes, il disait : "en art, il n’y a pas de règles, il n’y a que des exemples ". Ecrivain de l’imaginaire, du sensible et de la mémoire, évoqués d’une écriture précise et travaillée, il aura sur sa génération et sa postérité une influence inavouée mais profonde.
La littérature française vient de perdre un de ses plus illustres talents mais son œuvre demeurera.
http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/presentation-gra...15:50 Publié dans Emotions | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
samedi, 22 décembre 2007
Démocratie, laïcité et valeurs chrétiennes
Je reprends les propos de Nicolas Sarkozy à Rome : « La foi chrétienne a pénétré en profondeur la société française, sa culture, ses paysages, sa façon de vivre, son architecture, sa littérature… Les racines chrétiennes de la France… La laïcité est également un fait incontournable dans notre pays… c’est une liberté,… une chance… La laïcité ne saurait être la négation du passé ». Relisant attentivement le discours du Président de la République à Saint Jean de Latran, j’y vois surtout une approche d’aujourd’hui du fait religieux dans notre pays : nous sommes passés d’une religion sociale à une religion de conviction. Le faible nombre de pratiquants (10 %) n’empêche pas une grande majorité de Français de reconnaître que notre histoire et nos racines sont essentiellement chrétiennes , je dirai plutôt judéo-chrétiennes.
Et ces racines n’ont pas seulement laissé des églises, des paysages, une littérature, mais aussi des valeurs fondamentales pour la république et la démocratie. Que serait l’égalité sans l’enseignement de la Bible, qui n’a de cesse de rappeler, pendant des milliers d’années dans l’Ancien comme dans le Nouveau Testament, qu’il faut respecter chaque personne, quel que soit son statut (étranger, femme, pauvre, …), parce que chacun est unique et aimé de Dieu ?
La foi chrétienne a profondément marqué notre civilisation : le reconnaître, est-ce être intolérant ?
Appeler à une laïcité « positive, c’est-à-dire une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de pas croire, ne considère pas les religions comme un danger mais comme un atout », me semble bien correspondre ce que nous espérons de notre société : le respect des convictions personnelles comme de la liberté de l’autre, la recherche d’une société solidaire parce que convaincue que nous sommes semblables, (on pourrait dire autrement : que nous sommes « frères »…)
Vraiment, la plupart des réactions à ce discours important me paraissent archaïques et décalées.
11:55 Publié dans Réactions | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note
vendredi, 21 décembre 2007
Bonnes fêtes de Noël et tous mes voeux pour 2008 !
A chacun d'entre vous, je souhaite de très bonnes et joyeuses fêtes.
Je vous adresse également mes voeux les plus chaleureux de bonheur et réussite pour 2008. Que cette nouvelle année soit le berceau de nouveaux projets pour vous-même et vos proches.
18:05 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (25) | Envoyer cette note
lundi, 17 décembre 2007
RIPOSTES sur France 5
J'étais hier l’invité de Serge MOATI dans RIPOSTES sur France 5.
Le thème abordé était "Le monde selon Sarkozy".
Voir la vidéo de l'émission.
12:00 Publié dans Médias | Lien permanent | Commentaires (64) | Envoyer cette note
jeudi, 13 décembre 2007
Cachez ces gens que je ne saurais voir…
Retrouvez la tribune parue dans Le Monde daté du 14 décembre :
Nicolas SARKOZY n’a renié aucun des principes moraux qui guident son action diplomatique. Il a été le premier Président à mettre la défense des droits de l’homme au cœur de sa doctrine de politique étrangère ; il est le premier qui ait obtenu un succès aussi éclatant que la libération des infirmières bulgares ; le premier qui ait eu l’audace de s’adresser directement à Ingrid BETANCOURT et aux FARC. Dans chacune de ces circonstances, Nicolas SARKOZY a eu un courage dont peu d’hommes politiques ont fait preuve : il a mis en jeu sa parole, son crédit, sa réputation d’homme d’État. Pour remporter ces victoires, il n’a pas craint la possibilité d’une défaite.
Les esprits forts qui trouvent bon de parler de collusion quand la France prend langue avec des ennemis, des adversaires ou simplement des gens dont nous réprouvons les principes et l’action, confondent l’idéal et l’impuissance. Pour préserver leur vertu, ils se garderaient bien de la mettre à l’épreuve de la réalité poisseuse du monde contemporain : ils ont les mains blanches, mais ils n’ont pas de mains... Comment ne voient-ils pas, ces demi habiles, que c’est précisément au nom des grands principes que le Président parle avec des gens « peu ou pas fréquentables », afin de les faire évoluer ou, au moins, d’améliorer le sort des opprimés qui sont en leur pouvoir ?
Parler avec ces gens, ce n’est pas adopter leurs valeurs : Nicolas SARKOZY n’a jamais dit que le régime libyen, russe ou chinois était son idéal constitutionnel ; il n’a jamais dit qu’il remettrait la Légion d’honneur à Manuel MARULANDA !
Naturellement, tout serait tellement plus facile si l’on pouvait ne négocier qu’avec des gens qui pensent comme nous, confortablement assis dans un fauteuil club, autour d’un verre de cognac ! Hélas ! le monde n’est pas à cette image. Il faudra que les contempteurs de Nicolas SARKOZY acceptent l’idée que, pour corriger les injustices, on doit s’adresser d’abord à ceux qui les commettent.
19:55 Publié dans Idées | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note
lundi, 10 décembre 2007
"L'ouverture n'est pas un gadget"
LE FIGARO. – À l’approche des municipales, " l’ouverture" refait débat. Êtes-vous hostile, comme tant d’élus UMP, à une éventuelle nomination de Jack Lang au gouvernement ?
Patrick DEVEDJIAN. – À mes amis UMP, je citerai l’Évangile : «Il y a plus de joie dans le ciel pour le retour d’une brebis égarée que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont jamais quitté le bercail.» L’«ouverture» n’est pas un gadget. Il faut continuer à recruter à gauche pour atténuer des clivages politiques qui sont trop profonds dans notre pays, ce qui entrave les réformes. Il peut y avoir ici et là des aspérités entre des personnes, ou des difficultés dues à des circonstances locales pour les municipales, mais, d’une manière générale, l’intégration des ministres d’ouverture à la majorité s’est très bien faite.
Au sein de la majorité, le centre s’éparpille. Quelle capacité d’attraction peut-il exercer ?
Cet émiettement du centre, aussi bien à gauche qu’à droite, témoigne à la fois de l’affaiblissement du PS et de sa perte d’attractivité, et d’un besoin de recomposition dans cette partie de l’univers politique. Mais comme l’a dit Sénèque, il n’est pas de vent favorable pour qui ne connaît son port. Or, au centre, actuellement, il n’y a pas de projet, pas de stratégie, pas de leader. Même chez les radicaux valoisiens ? Je les mets à part : ils ont Jean-Louis Borloo comme président, et je l’ai entendu dire qu’il voulait faire du parti radical le «premier parti de France»…
Selon vous, qui sortira gagnant de cette course au centre ?
La majorité présidentielle. N’oubliez pas que l’UMP, avec ses 360 000 adhérents, représente déjà fortement l’électorat centriste, même si je vous accorde volontiers qu’elle ne le représente pas complètement. La majorité doit avoir plusieurs pôles, dotés chacun d’une identité propre. Elle a vocation à rassembler la droite et le centre, conformément à son projet d’origine et à ce que souhaitent ses composantes. L’UMP a besoin elle aussi d’exprimer sa sensibilité centriste d’une voix plus forte, ce qui peut être vécu comme un défi par certains centristes autonomes. À eux, s’ils veulent avoir un avenir, de se rassembler autour d’un projet et d’un leader, voire de plusieurs.
Dans cet espace central, qui est l’adversaire le plus dangereux de François Bayrou ?
Lui-même ! Après avoir atteint un score remarquable au premier tour de la présidentielle, il s’est à nouveau distingué par l’extrême rapidité avec laquelle il a dilapidé son capital politique. Lui aussi souffre d’une absence de véritable projet politique. Ses idées ne sont pas suffisamment claires, et la politique d’ouverture au Nouveau Centre lui a enlevé l’essentiel de ses arguments, fondés sur la dénonciation du sectarisme des grands partis.
L’UMP peut-elle se revendiquer comme acteur principal de la majorité, dès lors que tout semble se décider à l’Élysée ?
Vous ne pouvez pas dire cela. La proximité avec le président est nécessaire à l’UMP : pour agir, elle doit comprendre de l’intérieur la politique du président et du premier ministre. Mais l’UMP n’est pas le gouvernement, et elle fait parfois entendre une musique un peu différente. C’est normal, c’est même souhaitable.
14:15 Publié dans Vie politique | Lien permanent | Commentaires (50) | Envoyer cette note
dimanche, 02 décembre 2007
Retour sur Villiers-le-Bel
La cohabitation peut y être difficile mais les rencontres imprévues et riches. On s’y ouvre l’esprit et le cœur mieux que dans des villes achevées. Les villes de banlieue produisent aussi de nombreuses réussites, parfois éclatantes, parfois discrètes et très heureuses.
Je suis né en Seine-et-Marne, un peu par hasard, en raison des mouvements de la guerre, je suis allé à l’école à La Frette-sur-Seine, puis j’ai habité Courbevoie, Carrières-sur-Seine. Je suis un enfant de la banlieue. Passé par Paris, je suis enfin arrivé, il y a plus d’un quart de siècle à Antony, ma ville, à laquelle je suis très profondément attaché.
On sera toujours à la merci d’un drame, d’un accident, d’une confrontation. Et il ne sert pas à grand-chose d’en tirer de grandes déclarations.
Deux lignes de force me semblent essentielles pour la politique que nous avons à mener : d’abord se battre contre les ghettos et instaurer au mieux la mixité sociale en mélangeant logements sociaux et privés , locataires et propriétaires, jeunes et anciens, activités économiques et occupations résidentielles. Ce n’est pas nouveau, cela demande un accompagnement public fort, c’est mis en œuvre par le plan Borloo avec de vrais moyens (26 milliards d'€ de 2004 à 2013), et il faut continuer. Cela marche ! on ne parle pas de ce qui va bien, c’est normal, mais il ne faut pas l’ignorer.
La deuxième grande direction, c’est l’intégration professionnelle des jeunes : là aussi les contrats de réussite éducative, la formation professionnelle, le suivi personnalisé vers l’emploi, existent et donnent des résultats. Ils réunissent tous les acteurs (collectivités territoriales, établissements scolaires , organismes pour l’emploi, animateurs, éducateurs, travailleurs sociaux, associations…). Il est facile de critiquer de loin cette « politique de la ville » alors qu’elle est utile, régulièrement évaluée, réorientée et ajustée. Il faut venir voir de près comment elle fonctionne, écouter les habitants pour qui elle est engagée et en tirer chaque année les leçons. C’est exactement ce qu’est en train de faire Fadela Amara pour préparer le nouveau plan de janvier 2008, nouveau non pas parce que le précédent est bon à jeter aux orties, mais nouveau parce qu’il faut sans relâche s’adapter à la vie. Si les plans changent, les grandes orientations demeurent.
Nos banlieues sont notre avenir, aimons-les et aidons-les à donner le meilleur : le dynamisme, l’ouverture, l’énergie dont la France de demain a besoin.
19:40 Publié dans Société | Lien permanent | Commentaires (181) | Envoyer cette note








