dimanche, 23 novembre 2008

Pas de démocratie sans grands partis

logo_partisocialiste.giflogo4.jpgA l’heure où le Parti Socialiste est si divisé (et malgré certains commentaires de mes correspondants blogueurs intelligents et sympathiques qui se déclarent peu intéressés par les péripéties partisanes en général), je voudrais quand même redire ma conviction que la démocratie n’existe pas sans partis politiques.
Leur première fonction, c’est d’organiser les opinions. Sans cette organisation à la fois locale et idéologique, qui permet à chacun de rejoindre une formation dont il se sent proche et d’y donner son avis, son soutien et ses critiques, on laisse la place à la seule adhésion personnelle liée au charisme d’une personne.
Or notre République est née des Lumières, elle se fonde sur la liberté individuelle, la raison critique et la coalition des volontés, pas sur la séduction ou la passion. Et notre démocratie est représentative : les citoyens acceptent d’élire des représentants d’abord parce qu’ils portent leurs idées et leurs convictions. Les partis politiques rassemblent autour d’un « corps de doctrine » plus ou moins détaillé, susceptible d’évoluer, et accordent leur investiture aux candidats qui le soutiennent. C’est plus clair pour les électeurs : c’est un « label », une « marque ».
Bien sûr, les moyens de rencontrer les citoyens évoluent et on est passé des préaux d’école de la IIIème République à Internet. Pour autant, la nécessité demeure d’organiser aussi bien les différentes demandes de l’opinion que les réponses possibles à y apporter.
La division du PS n’est pas une bonne nouvelle pour la démocratie, à coup sûr elle favorise aujourd’hui l’extrême-gauche ou l’abstention. La France aujourd’hui a besoin d’une opposition de gauche, crédible, structurée et moderne. A cette heure, je ne sais pas qui l’emportera de Martine Aubry ou de Ségolène Royal, mais il faut que ce leadership soit reconnu par tous, donc que le résultat des élections internes soit incontestable.
Je ne me réjouis pas de ces désordres, que nous avons aussi connus à droite. Mais nous en sommes sortis. C’est le RPR qui a, le premier, organisé l’élection de son Président par tous les adhérents (rappelons que la première femme élue à la tête d’un grand parti a été Michèle Alliot-Marie au RPR en 1999), l’UMP a poursuivi : Alain Juppé puis Nicolas Sarkozy ont eux aussi été élus au suffrage universel des adhérents. Aujourd’hui Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République par 53 % des Français, il reste le véritable leader de l’UMP. A lui de capitaliser sur les succès, le secrétaire général que je suis est un paratonnerre, qui doit assumer les difficultés et qui ne fait rien d’important sans lui en référer. C’est peut-être un rôle ingrat mais je l’ai accepté car il est essentiel, et mon ambition, c’est d’abord de contribuer à faire avancer notre projet et nos convictions.
L’UMP va d’ailleurs bien.

Lire la suite

vendredi, 21 novembre 2008

Dimanche +

canal+.jpg

Dimanche, je serai l'invité d'Anne-Sophie Lapix à 12h45 dans l'émission "Dimanche +", sur Canal + pour débattre de l'actualité de la semaine.

Regarder l'émission

Bon week end à tous!

samedi, 08 novembre 2008

Diversité et démocratie

diversité.jpgLa légitimité de la démocratie vient d’abord de ce qu’elle exprime l’opinion des citoyens : elle est représentative.
D’où les questions que l’on se pose à juste raison après l’élection de Barack Obama sur les meilleurs moyens de représenter la diversité française.
Cette diversité est difficile à exprimer : que l’on songe aux femmes (la moitié de la population), aux classes sociales défavorisées ou aux minorités « visibles » qui font le débat aujourd’hui.
Je voudrais dire qu’il n’y a pas de solution miracle et qu’il est un peu facile de jeter l’anathème sur les partis politiques qui feraient volontairement des élites politiques une « chasse gardée ».
Récemment la loi sur la parité a permis de faire avancer la représentation des femmes, mais on est encore loin de l’idéal. L’accès des salariés, et notamment des moins aisés, à l’élection reste très difficile, malgré les améliorations du financement des campagnes politiques.
Mais il reste que l’essentiel est d’abord l’élection par les citoyens d’une personnalité qui rencontre leurs aspirations, qui travaille avec ardeur et ténacité à se faire connaître, à rassembler des soutiens, à réfléchir sur un projet : ce travail est immense et personne ne peut s’en dispenser pour réussir !
L’investiture des partis, la recherche de fonds sont nécessaires mais absolument insuffisants et dire « j’ai le droit d’être parlementaire ou maire parce que je suis femme, ou noir, ou ouvrier », et qu’il faut que ces catégories soient représentées, n’est pas le gage d’une bonne politique pour la société.
La politique, c’est difficile, exigeant, ingrat, quotidien : une intervention talentueuse sur un plateau de télévision ne suffit pas.
Je suis vraiment heureux que les Américains aient choisi ce Président de talent, si représentatif de notre monde métissé et qui ne reproduit pas le conformisme social politique habituel « WASP » outre-atlantique. Mais ce n’est pas dû à un droit moral, c’est grâce à la personne et à l’action de Barack Obama, à son énergie, à son talent et à sa campagne.

Lire la suite

mercredi, 05 novembre 2008

Barack Obama, 44ème président des Etats-Unis

3613291286-le-changement-arrive-en-amerique-declare-le-president-elu-obama.jpgL’élection de Barack Obama ouvre une nouvelle page, pleine d’espoir, pour ce grand pays que sont les Etats-Unis d’Amérique.

Les deux candidats ont mené une campagne de grande qualité sur des enjeux forts. John McCain représentait une belle alternative de courage et d’indépendance. L’élégance avec laquelle il a immédiatement félicité son rival et l’a assuré « qu’il l’aiderait du mieux qu’il le pourrait » est exemplaire de cette grande nation démocratique, tout comme la réponse du nouveau président élu le remerciant aussitôt en lui disant « j’ai besoin de votre aide ».

C’est un peuple américain réconcilié qui se retrouve autour du Président Obama comme il a tenu à le dire dès son premier discours : il n’y a pas des noirs et des blancs, des vieux et des jeunes, des riches et des pauvres, des bien-portants et des handicapés, il y a les Etats-Unis d’Amérique.

Le peuple américain et le monde entier attendent beaucoup de ce nouveau Président en ce temps de crise économique et de conflits internationaux majeurs.

Barack Obama a montré tout au long de la campagne sa solidité et son intelligence, en plus de l’image exceptionnelle qu’il redonne à son pays sur la scène internationale. Tous attendent la réussite de sa politique tant sur le plan intérieur que mondial pour que la confiance revienne.

C’est ce que nous souhaitons ardemment.

lundi, 03 novembre 2008

Chaos Calme : Femina étranger

chaos calme.jpgLe prix Femina 2008 du roman étranger a été attribué aujourd'hui à "Chaos calme" de Sandro Veronesi.

J'ai lu ce livre grâce à un libraire enthousiaste qui s'est engagé passionnément à le faire connaître. Je n'ai pas été déçu.

C'est un roman d'aujourd'hui, d'une grande sensibilité. Un autre regard sur la vie quotidienne. Et le talent de nous émouvoir avec des choses simples aux côtés desquelles nous passons, sans les voir. Je suis heureux qu'il ait été reconnu.

Heureux aussi du soutien immédiatement apporté par Veronesi à son compatriote, Roberto Saviani, auteur de "Gomorra" et si menacé par la Mafia qu'il a dû s'exiler. La littérature et la liberté s'aiment.

Quant à moi, je voudrais dire tout mon soutien à Milan Kundera. Parce que sa littérature témoigne pour lui ; parce que l'avocat que je suis considère que sa mise en cause sent la manipulation à plein nez ; et parce que je m'interdis de juger ceux qui ont subi la profonde perversion du totalitarisme. Le beau film "La vie des autres" et Soljenitsyne nous rappellent que nul ne sort indemne d'une société totalitaire.

Toutes les notes