dimanche, 19 mars 2006
Non aux Barbares !
Le 24 avril 1915, mon grand-père fut sauvé du génocide par son voisin et ami, colonel de l’armée turque, qui lui dit la veille : « M. Devedjian, vous allez être convoqué demain, n’y allez pas ! » C’est grâce à cet ami turc que j’existe.
J’ai une profonde admiration pour Oran Pamuk ou pour Yachar Kemal, deux grands écrivains turcs qui peuvent faire espérer dans la Turquie de demain, et qui, tous deux, ont reconnu le génocide des arméniens.
Je suis d’autant plus bouleversé par la manifestation négationniste organisée hier à Lyon par des Turcs, et portée par les Loups gris, organisation d’extrême droite turque, contre le monument qui doit être érigé à la mémoire du génocide arménien.
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dimanche, 05 février 2006
Une bouteille à la mer...
Mardi 7 février, mon livre sort en librairie : "A moi le ministère de la parole".
Quand j'ai refusé d'être dans le nouveau gouvernement, j'ai pensé à Louis de Funès dans La Folie des Grandeurs : "Qu'est-ce que je vais faire? Je suis ministre, je ne sais rien faire"! Alors j'ai fait un livre pour dire ce que j'avais tiré de mon expérience de trois ans comme ministre, sur les difficultés de la politique et de notre pays.
On met beaucoup de soi quand on écrit, on essaie d'affiner sa pensée, de réfléchir sur ses actions. Un livre, c'est aussi partager l'utopie. Une utopie, elle aussi nécessaire. Et peut-être utile pour faire avancer les idées.
Il y a des réponses à beaucoup des questions de ce blog. Il ne s'agit pas de démontrer qu'on a eu raison, cela ne sert à rien : la politique est faite de tellement de passion ! Pour moi comme pour les autres : je crois profondément à tout ce que j'ai écrit ! Mais finalement, cette réflexion sur soi-même, ses idées, son action, n'a d'autre but que d'apporter une petite pierre à l'amélioration de notre démocratie, à répondre aux exigences de notre temps. Une bouteille à la mer...
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lundi, 03 octobre 2005
Après la campagne...
Bonjour à tous ! et pardon pour cette interruption. Je comprends qu’elle en ait agacé plus d’un, mais je ne suis pas un sur-homme, je n’avais pas le temps.
Quelques réflexions sur la campagne, maintenant qu’elle est terminée.
D’abord, cela vous remet les pieds sur terre : j’arrive avec mes idées, réfléchies, je les crois utiles et justes et je me présente pour les défendre auprès de mes concitoyens.
Je ne rencontre que des individus qui, tous, à juste titre, m’interpellent et me font éventuellement confiance pour faire face à leurs difficultés. A travers ces multiples intérêts particuliers, j’apprends des choses essentielles, je suis confronté à la réalité de l’emploi, du logement, de la solitude...
Par exemple, je rencontre un jeune homme au chômage ; il m’explique que la plupart des offres de l’ANPE auxquelles il a répondu étaient déjà pourvues : tout d’un coup, je comprends pourquoi le fait d’être sanctionné pour ne pas avoir accepté deux offres est si difficile à mettre en œuvre…
Ensuite, c’est une vraie joie : tant de personnes qui me font confiance en me soutenant, en distribuant mes tracts, en collant mes affiches, en m’encourageant dans la rue, et en votant pour moi à 54 % : je ressens une profonde émotion et me sens d’autant plus responsable de ce que je ferai ; on dit que la politique est ingrate et dure, mais parfois elle rend au centuple !
Et c’est un nouveau départ : l’élection me mandate, me missionne et donc renforce mon énergie et mon enthousiasme. Je vais arriver à l’Assemblée porteur de ce renouveau. Je ne suis plus un ancien ministre mais un nouveau député !
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lundi, 13 juin 2005
La libération de Florence Aubenas est une joie !
13 juin 2005
Cette joie est d’autant plus profonde et partagée qu’elle était espérée par tous grâce à ses amis qui ont su avec courage et conviction tout faire pour qu’elle ne soit pas oubliée.
Cette libération représente aussi un soulagement pour notre politique qui, inévitablement, en était entravée.
Comment, à l’avenir, trouver les moyens pour que de tels actes ne puissent se renouveler et se développer comme une industrie prospère, dont la dimension inquiète et nous interroge nécessairement sur les contreparties ?
Je me pose aussi la question de l’effet de la médiatisation de la prise d’otage. Moi qui suis si sensible à la médiatisation de la reconnaissance du génocide arménien, comment puis-je douter de l’effet qu’elle produit face à une injustice criante et urgente ? Pourtant, bien qu’elle soit un indiscutable soutien psychologique pour les victimes, je me demande si elle ne fait pas monter les enchères : cet enlèvement a succédé de quelques jours à la libération des otages précédents… Bagdad donne le sentiment d’un grand marché aux esclaves.
Ce qui conduit à s’interroger sur l’impuissance des forces américaines présentes...
Faut-il continuer à envoyer des journalistes dans de telles conditions de risques ?
Je crois que oui, même si je le dis comme quelqu’un qui, lui, ne risque rien à donner de tels conseils. Bien entendu il y a certainement des précautions à prendre et des risques à soupeser. Mais c’est bien ce qu’attendent ceux qui emploient de telles méthodes : être à l’abri de la vue de leurs crimes. La médiatisation du crime est aussi un moyen de le combattre. C’est la noblesse du métier de journaliste qui est là en jeu : soutenons-la.
Quand il y a des journalistes et des avocats, la démocratie et les droits de l'homme peuvent progresser !
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