samedi, 19 avril 2008
Hommage à Aimé Césaire
« Je viendrais à ce pays mien et je lui dirais : Embrassez-moi sans crainte... Et si je ne sais que parler, c'est pour vous que je parlerai». Et je lui dirais encore :
« Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir. »
Et venant je me dirais à moi-même :
« Et surtout mon corps aussi bien que mon âme, gardez-vous de vous croiser les bras en l'attitude stérile du spectateur, car la vie n'est pas un spectacle, car une mer de douleurs n'est pas un proscenium, car un homme qui crie n'est pas un ours qui danse... »
(Aimé Césaire, Cahier d'un retour au pays natal - Extraits)
Avec le Président de la République, je me rends aux obsèques nationales d'Aimé Césaire ce dimanche pour honorer celui qui a tant fait pour la dignité de chacun.
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dimanche, 10 février 2008
Ah, la politique…
Les difficultés de la campagne des municipales à Neuilly illustrent encore une fois les attentes immenses de la démocratie. David Martinon est un homme intelligent, travailleur, réfléchi et brillant. Il a l’opportunité exceptionnelle d’être tête de liste à Neuilly : il se lance avec fougue et détermination et rencontre cependant mille difficultés tant chez ses amis et soutiens que chez ses concitoyens qui se méfient de tout parachutage. Ce n’est pas sa valeur qui est en cause, mais son inexpérience.
François Mitterrand disait que la politique est un « métier », en ce sens que faire de la politique s’apprend, comme tout le reste. Et ce n’est ni à Sciences Po, ni à l’Ena, ni dans les grandes écoles, ni au barreau, ni dans l’entreprise, que l’on apprend ce « métier ».
Il faut certes travailler ses dossiers, proposer des projets bien sûr, savoir animer une équipe évidemment, mais surtout écouter sans cesse les attentes de ses concitoyens, apprendre tous les jours l’humilité, garder un esprit bienveillant …et continuer d’être profondément heureux : car c’est quand même, pour moi, le plus beau métier du monde.
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jeudi, 27 décembre 2007
Benazir Bhutto assassinée
Je salue avec une très grande émotion Benazir Bhutto qui vient d'être lâchement assassinée. C'était une femme courageuse, qui portait l'espoir de nombreux Pakistanais. Toute sa vie a été marquée par la tragédie : celle de sa famille comme celle de son pays.
La pendaison de son père en 1979 après le coup d'état militaire qui l'avait évincé du pouvoir, puis les années d'emprisonnement qu'elle avait subies, ne l'avaient pas détournée de l'action politique. Premier ministre du Pakistan à 35 ans, et première femme à occuper un tel poste dans ce pays, elle dut faire face aux accusations de corruption et aux dissidences violentes jusque dans sa propre famille.
Le Pakistan est un grand pays, en proie à de graves déchirements. Que les élections du 8 janvier prochain se déroulent dans ce climat de terrorisme et de violence est très inquiétant, la communauté internationale doit veiller avec la plus grande vigilance à ce que le peuple pakistanais choisisse librement ses représentants et le chemin de la paix. (photo AFP)
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dimanche, 23 décembre 2007
Julien Gracq vient de mourir
Julien Gracq était sans doute le plus grand écrivain français vivant.
Fuyant la gloire, la mode et les conformismes, il disait : "en art, il n’y a pas de règles, il n’y a que des exemples ". Ecrivain de l’imaginaire, du sensible et de la mémoire, évoqués d’une écriture précise et travaillée, il aura sur sa génération et sa postérité une influence inavouée mais profonde.
La littérature française vient de perdre un de ses plus illustres talents mais son œuvre demeurera.
http://www.jose-corti.fr/auteursfrancais/presentation-gra...15:50 Publié dans Emotions | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note
samedi, 30 juin 2007
Un dérapage verbal privé aussitôt regretté publiquement
Mardi 26 juin sur la place du Palais-Bourbon, j’ai dit, en privé, une grossièreté détestable à l’égard d’Anne-Marie Comparini. Je n’imaginais pas une seconde qu’elle serait rendue publique. Certes, ce n’est pas une raison pour l’avoir proférée, mais il arrive aux hommes politiques comme à tout le monde de se laisser aller, stupidement.
Dès que j’ai appris que ces propos avaient été diffusés à mon insu, jeudi 28 juin dans la soirée, j’ai immédiatement fait un communiqué pour m’excuser publiquement et j'ai appelé personnellement Anne-Marie Comparini pour lui dire tous mes profonds regrets et mon estime personnelle. J’ai réitéré des excuses publiques le lendemain.
Je voudrais dire trois choses :
Tout d’abord cette grossièreté ne correspond en rien ni à mes convictions ni à mon comportement à l’égard des femmes en général, des femmes politiques en particulier. Je ne suis ni machiste ni sexiste : pour moi l’égalité des hommes et des femmes est évidente et, en politique, j'ai instauré la parité dans mon exécutif municipal bien avant la loi et je me suis toujours battu pour la cause des femmes et la parité. Je ne crois pas qu’aucune femme, de mon parti ou d’un autre, puisse le contredire.
Ensuite, il s’agissait d’une conversation dans laquelle on évoquait la volonté des candidats Modem de se maintenir au 2ème tour s’ils le pouvaient. J’ai fait une interjection, totalement déplacée je le reconnais, qui soulignait la tension qu’il y avait eu avec le Modem pendant les législatives.
Enfin, la façon dont mes propos ont été diffusés et visionnés par des millions d’internautes pose quand même un vrai problème : si plus rien n’est privé, si tout doit être totalement transparent, le totalitarisme n’est pas loin et la liberté individuelle vraiment menacée. Et, au-delà d'une indignation que je crois sincère chez certains, il y a chez d'autres une exploitation politique qui a peu de choses à voir avec les bons sentiments évoqués.
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dimanche, 21 janvier 2007
Le négationnisme tue
L’émotion est immense : en Turquie, on continue à tuer des Arméniens parce qu’ils sont Arméniens.
L’assassinat est le fait d’un jeune fanatique, passé par un camp islamiste d’Azerbaidjan.
La preuve est faite que le négationnisme tue, il prolonge le génocide.
Cet acte démontre que cette société si intolérante et si violente est éloignée des valeurs de l’Europe et n’y a pas sa place.
Mais des journalistes turcs courageux des quotidiens Radikal et Daily News, ont écrit des paroles qui ouvrent peut-être une espérance : "ceux qui ont suscité des sentiments nationalistes en Turquie ont alimenté un monstre, à tel point qu’il y a dans les rues de nombreux jeunes qui ne jugent pas suffisant (…) le nationalisme d’Etat et sont prêts à appliquer la loi eux-mêmes ", et encore "Hrant Dink symbolisait la tolérance. Ceux qui l’ont abattu ne se doutent pas qu’ils ont aussi abattu la Turquie."
Je laisse la parole à Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, poursuivi lui aussi, comme Hrant Dink pour avoir évoqué le génocide arménien, et qui est venu lui rendre hommage ce dimanche :
"Nous sommes tous responsables de sa mort d’une certaine façon (…) mais par-dessus tout, je crois que ce sont ceux qui défendent le 301 qui sont responsables de sa mort ", en évoquant l’article 301 du code pénal turc sur le dénigrement de l’identité turque.
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dimanche, 01 octobre 2006
Arménie : un grand jour !
"Faut-il que la Turquie reconnaisse le génocide arménien pour entrer dans l’Union ? (…) Honnêtement, je le crois. Tout pays se grandit en reconnaissant ses drames et ses erreurs... "
Entendre ces paroles de Jacques Chirac en Arménie samedi, après la visite du monument consacré au génocide arménien à Erevan, m’a vraiment ému. C’est mon pays, la France, qui parle et c’est la seule grande nation à dire enfin cette vérité.Déjà, la France avait reconnu le génocide par une loi, aujourd’hui le Président de la République dit que l’entrée dans l’Union européenne exige cet effort de la Turquie car ce serait le signe que ce pays adhère sincèrement à nos valeurs.
Je pense que le chef de l’Etat a été touché par la visite du musée du génocide qui est hélas plus éloquent que les faux débats de faux historiens.
Je suis heureux de ce voyage, fier du renouveau de l’Arménie, du courage et de la vitalité extraordinaires que manifeste ce petit pays, qui m’est cher. Je n’y vivrai jamais, je me sens complètement enraciné en France, mais l’Arménie vivante est l’origine de mes racines.
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dimanche, 24 septembre 2006
"Pourquoi tant de haine ?"
Je ne parle pas là des posts que je reçois sur ce blog : c’est vrai que je supprime les (rares) propos grossiers et racistes, mais je tiens à laisser s’exprimer tous les points de vue même s’ils sont loin des miens, même s’ils sont parfois vifs. C’est toujours intéressant pour moi et je l’espère pour vous, de faire le tour d’un problème avec des éclairages opposés.
Non, là il s’agit d’attaques personnelles, de calomnies, d’une volonté de discréditer l’homme qui rappelle fâcheusement les années 30.
C’est vraiment dommage : nous sommes à sept mois d’une élection cruciale pour notre pays. La droite et la gauche proposent des projets assez différents : à droite réalisme et travail pour faire face à la mondialisation, à gauche encore plus d’Etat et de protection. Nos deux leaders actuels (cela changera peut-être) n’hésitent pas à aborder les questions brûlantes et quotidiennes : les retraites, la carte scolaire, la violence de certains jeunes… Les Français s’intéressent. La démocratie me semble progresser !
Et au lieu de débattre de ce qui est tout de même notre avenir et celui de nos enfants, certains n’ont que l’invective à la bouche…
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dimanche, 19 mars 2006
Non aux Barbares !
Le 24 avril 1915, mon grand-père fut sauvé du génocide par son voisin et ami, colonel de l’armée turque, qui lui dit la veille : « M. Devedjian, vous allez être convoqué demain, n’y allez pas ! » C’est grâce à cet ami turc que j’existe.
J’ai une profonde admiration pour Oran Pamuk ou pour Yachar Kemal, deux grands écrivains turcs qui peuvent faire espérer dans la Turquie de demain, et qui, tous deux, ont reconnu le génocide des arméniens.
Je suis d’autant plus bouleversé par la manifestation négationniste organisée hier à Lyon par des Turcs, et portée par les Loups gris, organisation d’extrême droite turque, contre le monument qui doit être érigé à la mémoire du génocide arménien.
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dimanche, 05 février 2006
Une bouteille à la mer...
Mardi 7 février, mon livre sort en librairie : "A moi le ministère de la parole".
Quand j'ai refusé d'être dans le nouveau gouvernement, j'ai pensé à Louis de Funès dans La Folie des Grandeurs : "Qu'est-ce que je vais faire? Je suis ministre, je ne sais rien faire"! Alors j'ai fait un livre pour dire ce que j'avais tiré de mon expérience de trois ans comme ministre, sur les difficultés de la politique et de notre pays.
On met beaucoup de soi quand on écrit, on essaie d'affiner sa pensée, de réfléchir sur ses actions. Un livre, c'est aussi partager l'utopie. Une utopie, elle aussi nécessaire. Et peut-être utile pour faire avancer les idées.
Il y a des réponses à beaucoup des questions de ce blog. Il ne s'agit pas de démontrer qu'on a eu raison, cela ne sert à rien : la politique est faite de tellement de passion ! Pour moi comme pour les autres : je crois profondément à tout ce que j'ai écrit ! Mais finalement, cette réflexion sur soi-même, ses idées, son action, n'a d'autre but que d'apporter une petite pierre à l'amélioration de notre démocratie, à répondre aux exigences de notre temps. Une bouteille à la mer...
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