dimanche, 02 septembre 2007
GDF-Suez : un mariage d'avenir !
1) Depuis 2004, on a vu la montée en puissance de Gazprom et de la Russie pour essayer de dominer le marché de l’énergie et placer l’Europe sous sa dépendance. L’Europe a besoin de créer des outils pour accéder au marché mondial en position respectable.
2) GDF est une entreprise fragile car elle ne produit pas de gaz : son principal atout est de revendre sur le sur le seul marché français ce qu’elle achète sur le marché mondial. Elle possède un atout supplémentaire avec sa flotte de méthaniers car le gaz liquide représente un marché sensible notamment aux Etats-Unis.
3) Suez était autrefois une entreprise française : elle est aujourd’hui dominée par les capitaux belges. La fusion la réintègre dans le concert national. Autrement, elle peut tomber entre les mains d’on ne sait qui.
4) Or Suez contrôle 9 centrales nucléaires, dont 2 en France. Notre pays, qui est leader mondial reconnu dans ce domaine, ne peut se permettre de laisser un tel patrimoine entre les mains de concurrents qui nuiraient à ses intérêts.
5) Au regard de ces enjeux, vouloir à tout prix conserver la nationalisation de GDF, c’est se limiter au petit bout de la lorgnette.
6) Contrairement à ce que proposent des syndicalistes, on ne peut fusionner GDF et EDF car Bruxelles, considérant l’importance du conglomérat énergétique ainsi constitué et le monopole qui s’en suivrait, nous obligerait à céder sur le marché un certain nombre de centrales nucléaires, ce qui est inacceptable tant du point de vue de l’investissement déjà réalisé que du point de vue de la sécurité.
Pour toutes ces raisons, longue vie à GDF-Suez !
16:35 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (23) | Envoyer cette note
jeudi, 05 juillet 2007
Electricité et concurrence
Comme France Telecom, EDF va bénéficier pendant un temps certain des avantages acquis de l’expérience et de sa position sur le marché, d’autant que le réseau d’acheminement de l’électricité reste entièrement public avec RTE et que les nouveaux acteurs du marché sont bien moins connus.
A quoi sert donc cette ouverture ?
D’abord, comme celui de la téléphonie mobile, ce secteur doit sortir du monopole pour que la concurrence apporte une réelle liberté des prix : c’est une exigence européenne qui, à terme, sera sûrement bénéfique aux consommateurs.
Ensuite, cette concurrence existe dans les autres pays européens et EDF y trouve des marchés fort intéressants en Angleterre, en Italie, en Espagne, en Allemagne… Il serait paradoxal et injuste que la France reste fermée aux autres opérateurs européens : le « faites ce que je dis mais pas ce que je fais » est inacceptable.
Enfin, un certain nombre de producteurs spécifiques, notamment dans le domaine des énergies renouvelables, vont permettre à ceux qui le souhaitent de donner une vraie priorité à l’électricité « propre » ou « proche » et favoriseront donc le développement durable.
Aux consommateurs cependant d’être vigilants, de lire « tous les petits caractères » des contrats, comme l’a bien dit notre ministre de l’Economie, Christine Lagarde, pour profiter au mieux de ces nouvelles conditions du marché.
08:00 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (55) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
lundi, 12 juin 2006
Suez/Gaz de France : une chance à ne pas laisser passer !
Aujourd’hui, si nous refusons de procéder à une fusion rapide entre Suez et Gaz de France, le risque est que Suez fasse l’objet d’une OPA, soit par ENEL, soit par EON, soit même par General Electric.
La France verrait alors disparaître la perspective d’avoir un second champion mondial de l’électricité avec le groupe Suez-Gaz de France, même si Suez a aussi des capitaux belges.
Or avoir des champions localisés en France, c’est assurer des emplois sur notre territoire en même temps que des ouvertures vers l’exportation. S’en priver serait reculer une fois encore dans la compétition mondiale.
Il faut choisir entre un risque d’agitation sociale, parce que la privatisation n’est jamais « politiquement correcte », et le risque de voir passer Suez sous contrôle étranger et GDF pérécliter sans perspectives. Rappelons que, pour des raisons de monopole, la Commission européenne ne laissera jamais ni EDF ni Total absorber GDF.
C’est pourquoi le Parlement doit prendre dès maintenant ses responsabilités. Et que les minuscules querelles politiciennes doivent s’effacer devant le bien public.
23:20 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (48) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
jeudi, 20 avril 2006
Prix du pétrole : l'Europe doit pouvoir agir
L'actuelle envolée des cours du baril du pétrole ne doit pas laisser les gouvernements inertes. Les prix records qui sont atteints sont le résultat notamment d'une très forte spéculation, qui s'appuie sur l'instabilité politique des régions de production. Il faut répondre à la spéculation.
Pour cela, l'Europe doit s'efforcer de parler d'une seule voix afin de peser autant que les Etats-Unis. Ensuite, elle devrait s'organiser pour faire apparaître de manière lisible pour tout le monde l'importance des stocks pétroliers commerciaux et stratégiques détenus par les pays qui la composent. Les Etats-Unis eux-mêmes font connaître régulièrement les variations de leurs stocks, et c'est un élément d'appréciation pour les marchés. Enfin, l'Europe pourrait essayer d'utiliser ses stocks pour intervenir sur le marché quand il s'emballe et décourager les spéculateurs. Ce serait plus utile que d'essayer d'intervenir auprès des entreprises pétrolières, qui ne fixent pas le prix du baril...
Ce n'est pas parce que la France a voté non que l'Europe est devenue inutile...
10:10 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (68) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 26 février 2006
Une fusion Suez-Gaz de France ?
Le projet de fusion entre Suez et GDF à la suite d’une éventuelle OPA de l’italien ENEL sur Electrabel, qui appartient au groupe Suez, soulève bien des débats et des réactions.
Je comprends le mécontentement italien. Il faut se souvenir en effet qu’EDF a finalisé l’an dernier le contrôle d’EDISON, très important fournisseur d’électricité en Italie. Au début, les Italiens avaient mal vécu cette prise de contrôle par une entreprise d’Etat française, alors qu’ils venaient justement de privatiser EDISON avec beaucoup de difficultés (réactions hostiles de l’opinion et des syndicats italiens).
21:13 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (81) | Trackbacks (7) | Envoyer cette note
lundi, 24 octobre 2005
EDF doit être une entreprise mondiale
EDF est leader mondial de la production d'électricité d'origine nucléaire. Nous avons 58 centrales nucléaires en France et nous exportons déjà en Europe 12 % de notre production électrique. Nous pouvons faire encore beaucoup plus : en particulier avec le développement du nouveau réacteur nucléaire, l'EPR.
Mais EDF est une entreprise franco-française et étatique. Or lorsque EDF veut s'implanter sur un marché étranger, en particulier en Europe qui est son marché naturel, c'est un handicap.
En effet, pour se développer en Europe il faut échanger des participations avec des entreprises locales. La réglementation européenne, les politiques nationales des états, les entreprises locales exigent la réciprocité : "vous voulez entrer dans le capital de nos sociétés ? D'accord, mais nous voulons aussi entrer dans le capital de vos sociétés."
La nationalisation à 100 % ne le permet pas et nous sommes ainsi cantonnés au territoire national alors que nous avons un avantage compétitif considérable.
Ce qui s'est passé en Italie avec la société Edison est, de ce point de vue, exemplaire : l'Etat italien avait privatisé avec beaucoup de difficultés sa société nationalisée d'électricité, Edison. EDF a raflé brutalement une partie du capital de cette société, après sa privatisation, pour se développer sur le marché italien, gros importateur d'électricité. Le Parlement italien a alors voté à l'unanimité une loi privant pratiquement de tout droit de vote le nouvel actionnaire étranger qu'était EDF. Comme ministre de l'Industrie, je n'ai pu débloquer la situation qu'en organisant une collaboration entre les producteurs italiens d'électricité et EDF, qui implique l'ouverture du capital de celle-ci.
Nous avons une entreprise dotée d'un grand avantage compétitif. L'intérêt de la France est qu'elle se développe en Europe. L'ouverture du capital est la condition de ce développement qui profitera à tous les Français.
08:22 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
dimanche, 23 octobre 2005
Une hausse du gaz exorbitante
Gaz de France vient de demander au gouvernement d'augmenter le prix du gaz de 12 %. Deux autres augmentations ont déjà eu lieu cette année. Si le gouvernement satisfaisait cette 3ème demande, l'augmentation serait de 24 % en moins d'un an.
Gaz de France soutient, ce qui est vrai, que le prix du gaz a fortement augmenté à la production et qu'ils ne font que l'acheter pour le revendre.
Mais le prix du gaz est fixé par des contrats à long terme, contrairement au pétrole où les cours varient quotidiennement.
Je trouve donc cette demande exorbitante. Il y a bien là la volonté de faire un profit spéculatif en profitant de la hausse générale de l'énergie.
L'ouverture du capital n'a rien changé à ce comportement qui consiste à attendre ses profits de l'Etat. C'est le monopole de fait et la fixation des prix par l'Etat qui présente des risques pour les consommateurs. Seule une concurrence active permet la vérité des prix et le meilleur tarif pour les consommateurs.
19:36 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mardi, 11 octobre 2005
Quelles énergies demain aux Etats-Unis ?
Je reviens d'un voyage aux Etats-Unis sur l'énergie. J'en retiens d'abord que ce pays a une culture historiquement liée au pétrole et dans une moindre mesure au charbon. C'est une des raisons pour lesquelles il n'est pas près d'adhérer au protocole de Kyoto.
Les Etats-Unis importent 54 % de leur consommation pétrolière et pourraient atteindre 70 % en 2025. De plus les tensions sur l'électricité et sur le pétrole les contraignent à importer de plus en plus de gaz naturel pour fabriquer l'électricité dont ils ont besoin.
Pour l'électricité, 52 % provient du charbon (bonjour la pollution et le réchauffement climatique !) et 19 % sont d'origine nucléaire. En France, nous n'avons pratiquement pas d'utilisation du charbon car le nucléaire produit 83 % de notre électricité et 14 % sont d'origine hydraulique.
Je ne veux pas être casse-pieds avec mes chiffres mais je retiens de tout cela :
- le gaz naturel importé massivement est en train de devenir un marché mondial : on évolue vers un prix unique en forte hausse.
- les Etats-Unis se lancent (timidement) dans les économies d'énergie : ce n'est pas dans leurs moeurs.
- la réponse aux problèmes d'énergie leur paraît d'abord dans la recherche, dans laquelle ils investissent massivement, en particulier dans le domaine de l'hydrogène.
- il y a un bel avenir pour le nucléaire français qui est admiré d'autant qu' AREVA a une bonne lisibilité sur le marché américain.
- les Etats américains ont des politiques qui commencent à se coordonner : nous devrions en prendre exemple pour l'Europe.
Recherche, coordination, nucléaire me semblent les pistes de l'avenir, aux Etats-Unis comme chez nous, comme ailleurs.
23:15 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (5) | Trackbacks (1) | Envoyer cette note
mardi, 16 août 2005
Hausse du pétrole : pour une stratégie européenne
Même si la fiscalité des carburants est forte, la hausse du prix des carburants ne dépend pas de leur fiscalité (TIPP ou TVA) qui est certes ré-aménageable, mais à peine l’aura-t-on modifiée que le prix continuera à monter. Et le déficit des finances publiques de s’accroître. L’effet sur le prix serait de toute façon inférieur à la différence qu’il peut y avoir d’une pompe à l’autre.
Car la cause profonde procède d’une insuffisance de la production de brut comme de la capacité de raffinage. Et c’est voulu.
Lorsque j’étais ministre de l’Industrie, j’ai réuni à Bercy, pour la première fois, les ministres européens du pétrole. Car alors qu’il y a une confrontation pétrolière entre la Chine, la Russie, les Etats-Unis et les pays producteurs de pétrole, l’Europe en est tragiquement absente.
Nous avions mis au point un plan en cinq points :
- Rendre visibles les réserves stratégiques et les stocks commerciaux des pays de l’Union européenne, comme le font les Etats-Unis. Cela affectera la spéculation qui suit le déséquilibre entre offre et demande. Si nous arrivions à intervenir de concert sur le marché, nous désarmerions les spéculateurs.
- Permettre à l’Europe de s’organiser pour parler d’une seule voix aux pays producteurs et négocier pour obtenir le droit de permettre au marché d’investir librement dans les pays qui le refusent.
- Affecter en priorité les financements européens destinés aux pays de l’Est à la rénovation de leur industrie de raffinage, obsolète la plupart du temps.
- Coordonner à l’échelon européen la politique d’économies d’énergie et de développement des énergies nouvelles.
- Etudier avec les pays producteurs le rôle que peut jouer l’Euro dans le libellé du baril de pétrole.
C’est ce plan qu’il faut poursuivre et faire connaître.
17:10 Publié dans Energie | Lien permanent | Commentaires (28) | Trackbacks (4) | Envoyer cette note








